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blog ou on trouve la cuisine minceur, les différentes sortes de regimes alimentaires, la vente de complements alimentaires.

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Dépression


Traitements possibles

Traitements médicaux

Psychothérapie, médicaments antidépresseurs, vitamines du groupe B, groupes de soutien.

Traitements non conventionnels

Efficace

Millepertuis, SAMe.

Efficacité probable

Exercice physique, luminothérapie.

Efficacité possible

5-HTP, massothérapie, yoga.

Efficacité incertaine

Danse-thérapie, massage pour bébé, huiles de poisson.

Usage reconnu

Ginkgo (dépression liée à la démence dégénérative).

Approches à considérer

Médecine traditionnelle chinoise.

Voir la signification des symboles et les critères de classification utilisés

Description médicale

La dépression se caractérise par des émotions comme le découragement, la tristesse ou l’irritabilité, et aussi par l’impression de ne pas avoir de valeur comme individu.

Dans le milieu médical, le terme dépression clinique est employé pour désigner cette maladie. Selon l’intensité des symptômes, la dépression sera qualifiée de légère, modérée ou grave. Dans les cas les plus graves, la dépression peut conduire au suicide.

Le terme « dépression », encore tabou il n'y a pas si longtemps, est souvent employé à tort dans le langage courant pour décrire les inévitables périodes de tristesse, d’ennui et de mélancolie que tous sont appelés à vivre à un moment ou à un autre.

Déprime ou dépression?

Un individu peut être triste et pessimiste sans être atteint de dépression. Mais lorsque ces états d’âme l’envahissent chaque jour, il y a lieu de s’interroger.

Chez la personne dépressive, l’humeur triste s’accompagne d’un ensemble de pensées négatives et dévalorisantes : « je suis vraiment nul », « je n’y arriverai jamais », « je déteste ce que je suis ». Elle se sent sans valeur et a du mal à se projeter dans l’avenir. Elle n’a plus d’intérêt pour des activités autrefois appréciées. Parfois, c’est plutôt l’irritabilité qui prédomine.

La dépression affecte autant l'humeur, les pensées et le comportement que les fonctions organiques. Ce qui explique qu’une personne qui souffre de dépression soit plus vulnérable aux rhumes et aux autres infections : son système immunitaire est aussi affaibli.

À noter que la dépendance à l'alcool et aux drogues est souvent associée à la dépression. De nombreux dépressifs utilisent ces substances pour soulager leurs symptômes, ce qui peut créer d’autres problèmes de santé (mentale ou physique).

Prévalence

La dépression est l’un des troubles psychiatriques les plus fréquents. D’après une enquête menée par les autorités de santé publique du Québec, environ 8 % des personnes âgées de 12 ans et plus ont rapporté avoir vécu un épisode de dépression au cours des 12 derniers mois1. D’après l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), la dépression est la première cause d’incapacité (à faire face aux activités quotidiennes et au travail)2 dans le monde.

Causes

Il existe plusieurs hypothèses pour expliquer les origines de la dépression. Grâce aux sciences neurologiques, on sait maintenant que la dimension biologique influe sur la dimension psychique, et vice versa.

La dépression est généralement attribuable à une combinaison de plusieurs facteurs reliés à l’hérédité, à la biologie de même qu’au milieu et aux habitudes de vie.

Hérédité. À la suite d'études réalisées à long terme sur des lignées familiales ainsi que sur des jumeaux (séparés ou non à la naissance), on a pu démontrer que la dépression peut comporter une certaine composante héréditaire, bien que l'on n'ait pas identifié de gènes précis rattachés à cette maladie.

Biologie. Le cerveau est un territoire très complexe encore très largement inexploré. On a toutefois observé chez les personnes dépressives un déficit de certains éléments chimiques dans le cerveau, dont les cellules gliales et le neurotransmetteur appelé sérotonine. Dans le cas de la sérotonine, soit que l'organisme n'en produit pas suffisamment, soit qu'elle est recapturée trop rapidement par les neurones. D’autres problèmes physiologiques, comme un dysfonctionnement de la glande thyroïde, peuvent aussi contribuer à la dépression.

Milieu et habitudes de vie. Les mauvaises habitudes de vie (manque de sommeil, peu d’activité physique, etc.) et les événements extérieurs (conditions économiques, stress, traumatismes, difficultés relationnelles) sont susceptibles d'affecter profondément l'état psychologique.

 

D’autres formes de dépression

Burnout. Épuisement physique et psychique essentiellement causé par le surmenage dans un contexte de travail trop exigeant.
Dysthymie.
Dépression chronique d’intensité moindre que la dépression clinique. La dysthymie peut précéder un épisode de dépression. La thymie se définit comme le vécu émotif et affectif d'une personne.
Dépression anxieuse.
Aux symptômes habituels de la dépression peut s'ajouter une appréhension excessive.
Trouble bipolaire ou maniacodépression.
Selon la gravité, cette forme de dépression se caractérise par des épisodes d'euphorie alternant avec des épisodes dépressifs.
Dépression saisonnière.
État dépressif qui se manifeste de façon cyclique, habituellement pendant les quelques mois de l'année où l'ensoleillement est à son plus bas (voir la fiche Dépression saisonnière).
Dépression postpartum.
Chez 60 % à 80 % des femmes, un état de tristesse, de nervosité et d'anxiété se manifeste dans le premier mois suivant la naissance. Habituellement, cette dépression se résorbe d'elle-même. Par contre, chez une femme sur huit, une réelle dépression s’installe.
Note.
Il ne sera pas question de ces formes spécifiques de dépression dans cette fiche.

Symptômes

Il est important de consulter un médecin dans les meilleurs délais si plusieurs des symptômes persistent depuis au moins deux semaines, et ce, tous les jours.

  • Une humeur triste, se sentir démoralisé.
  • Une réduction marquée du plaisir et de l'intérêt pour presque toutes les activités.
  • Un changement marqué de l'appétit ou du poids.
  • Des problèmes de sommeil (manque ou excès).
  • Une attitude agressive inhabituelle ou une grande sensibilité émotionnelle (un rien provoque des larmes).
  • Une fatigue importante.
  • Un sentiment de dévalorisation et de culpabilité excessive.
  • Des problèmes de concentration et de prise de décision.
  • Des pensées morbides ou des idées suicidaires.

 

Reconnaître la dépression chez les enfants et les adolescents

Chez les enfants, on doit être particulièrement attentif à tout changement soudain de comportement et aux signes suivants :
- ne veut plus jouer, sortir ou voir ses amis;
- se montre très irritable et pleure souvent;
- se plaint de maux de tête ou de ventre;
- dit qu’il n’a plus envie de vivre ou qu’il n’aurait pas dû naître;
- vit de l’exclusion et des échecs à l’école;
- grandit, mais prend très peu de poids.
Chez les adolescents, la dépression peut être difficile à distinguer des moments de morosité ou de confrontations propres à cette étape de la vie. Les signes suivants sont à surveiller :
- une tendance à l’isolement;
- un désinvestissement dans les études;
- des signes d’automutilation;
- une verbalisation d’idées suicidaires.

Personnes à risque

Personne n’est à l’abri de la dépression. Les personnes suivantes seraient légèrement plus à risque.

  • Les personnes dont les antécédents familiaux prédisposent à la dépression.
  • Les personnes qui prennent certains médicaments, comme des psychostimulants, des stéroïdes, des corticostéroïdes, des anabolisants, des anticonvulsivants ou la pilule anticonceptionnelle. En effet, les progestatifs contenus dans la pilule anticonceptionnelle peuvent affecter l’humeur3. Si c’est le cas, en discuter avec son médecin.

D’un point de vue sociologique, les groupes suivants sont plus touchés par la dépression.

  • Les femmes. Environ deux fois plus de femmes que d’hommes connaîtront au moins un épisode de dépression au cours de leur vie. Les femmes ont plus tendance à consulter que les hommes lorsqu’elles ont des symptômes de dépression, ce qui pourrait expliquer en partie que la maladie soit plus souvent diagnostiquée chez elles. Aussi, on avance au moins deux hypothèses pour expliquer le phénomène :
    - le système hormonal des femmes, plus susceptible d'influencer la chimie du cerveau;
    - des problèmes de pauvreté et de violence conjugale plus fréquents4.
  • Les personnes âgées. De 15 % à 20 % des personnes âgées vivent de la dépression27. Elle passe souvent inaperçue. Une partie importante de cette population ne serait pas diagnostiquée et traitée5. Parmi les causes possibles :
    - la solitude;
    - la mort du conjoint ou d’amis;
    - des facteurs physiologiques liés au vieillissement, comme une baisse importante de sérotonine ainsi que d’autres changements métaboliques.
    - la sous-alimentation, qui peut causer des carences nutritionnelles contribuant à la dépression (surtout en acide folique et en vitamine B12).
  • Les homosexuels. Plusieurs données, dont une importante étude de cohorte en Nouvelle-Zélande, indiquent que les gais, les lesbiennes et les bisexuels sont plus à risque de problèmes de santé mentale, et plus particulièrement de dépression, de troubles anxieux et de comportement suicidaire6.

Facteurs de risque

  • Vivre des pertes à répétition (mort d’un conjoint ou d’un parent, divorce ou séparation, perte d’un emploi, etc.).
  • Vivre un stress chronique. Un emploi du temps trop chargé, un manque chronique de sommeil, une maladie invalidante, etc.
  • Se sentir constamment débordé et ressentir une perte de contrôle sur son existence.
  • Faire des excès d'alcool et de drogues.
  • Avoir des carences nutritionnelles : vitamine B6 (surtout chez les femmes prenant des contraceptifs oraux), vitamine B12 (surtout chez les personnes âgées et les gens qui consomment beaucoup d’alcool), acide folique, fer, acides gras oméga-3 ou certains acides aminés.

 

La résilience : savoir rebondir

La résilience est cette capacité à surmonter des expériences difficiles ou tragiques : la perte précoce d’un être cher, un incendie, un viol, etc. Elle nécessite une bonne dose de sécurité intérieure et de confiance en la vie. Le psychiatre Boris Cyrulnik, qui a remis ce concept sur la place publique, a dit de la résilience qu’elle est « l’art de naviguer dans les torrents »7.

Cette attitude mentale se construit grâce aux liens de confiance créés avec des personnes significatives. D’après Boris Cyrulnik, la résilience « n’est pas un catalogue de qualités que posséderait un individu. C’est un processus qui, de la naissance à la mort, nous tricote sans cesse avec notre entourage »7. La résilience semble s’acquérir plus facilement durant les premières années de vie. Plus tard, on peut tout de même y parvenir, mais avec plus d’efforts.

Prévention

Mesures préventives de base

Parfois, il suffit de s’imposer un régime de vie plus sain pendant un certain temps, comme se coucher tôt, faire plus d’exercice, manger de façon équilibrée, pour se sentir mieux. Mais d’autres moyens peuvent aider à ne pas sombrer dans la dépression.

Activités, relations, spiritualité
- Ne pas hésiter à s’ouvrir sur ce que l’on ressent avec les gens de son entourage lorsqu'on se sent déprimé.
- Au besoin, chercher une aide ponctuelle auprès d’un psychologue, d’un travailleur social ou d’un psychothérapeute dûment formé.
- Ne pas être trop exigeant envers soi-même.
- Vivre dans l’instant présent. Éviter d’entretenir des pensées négatives, de ressasser le passé ou d’anticiper l’avenir.
- Mieux se connaître et entreprendre des projets.
- Identifier et surmonter ses peurs.
- Nourrir une forme de spiritualité.
- Faire de l'exercice régulièrement.

Alimentation
Si on ne peut pas mettre fin à un épisode dépressif uniquement par l'alimentation, on peut sans doute aggraver son cas par de mauvais choix alimentaires, et prévenir une rechute par de bons choix. Selon le cas, consulter un diététiste ou un naturothérapeute pourra aider à établir le régime approprié.

- S'assurer d'un apport quotidien suffisant en éléments nutritifs. Selon le naturothérapeute J.E. Pizzorno, les recommandations proposées à la population dans les guides alimentaires pour maintenir une santé optimale restent les mêmes en cas de dépression8. Il doit, selon lui, comprendre un supplément de multivitamines et minéraux.
- Des problèmes d'hypoglycémie peuvent entraîner des symptômes de dépression, de la fatigue et des maux de tête.
- Consommer davantage de poissons gras (comme le maquereau, le hareng et le saumon), car leur chair est riche en acides gras
oméga-3, un nutriment essentiel.
- Veiller également à consommer des aliments riches en folate (
vitamine B9 sous sa forme naturelle), comme les abats, les légumineuses et les légumes à feuilles vert foncé. Certaines pâtes alimentaires et céréales à déjeuner sont enrichies en folate.

Mesures pour prévenir les rechutes

Afin de prévenir une rechute, on conseille de poursuivre l’ensemble du traitement (que ce soit la prise de médicaments ou de produits de santé naturels de même que la psychothérapie) de 6 mois à 24 mois après la guérison complète.

Si le traitement est cessé aussitôt que la personne se sent guérie, le risque de rechute dépasserait 50 %. À ce moment, la maladie peut être plus difficile à traiter. Il y a aussi plus de risques que la dépression devienne chronique.

Traitements médicaux

Le traitement varie selon la gravité de la dépression.

Une dépression légère peut être traitée efficacement par la psychothérapie.

Dans le cas d'une dépression modérée, le traitement recommandé est une psychothérapie associée à la prise d’un médicament antidépresseur.

Dans le cas d'une dépression grave, qui peut s'accompagner de symptômes psychotiques, d'hallucinations visuelles ou auditives ou de comportement suicidaire, les médecins ont parfois recours à la médication antipsychotique et à l'hospitalisation. On prescrit parfois des stabilisateurs de l’humeur. Le lithium, par exemple, peut augmenter l’efficacité des antidépresseurs chez les personnes qui vivent une dépression grave. Le traitement par électrochocs n’est utilisé que dans de rares cas. Depuis quelques années, un nouveau traitement qui s’apparente aux électrochocs donnerait des résultats prometteurs : la stimulation magnétique transcrânienne (transcranial magnetic stimulation ou TMS). Elle s’effectue à l'aide d'un puissant électroaimant.

Psychothérapie

Entreprendre une psychothérapie aide souvent à comprendre le sens de sa dépression ou, du moins, ce qui l’a déclenchée. Une telle thérapie permet aussi de trouver les moyens pour se sentir mieux au quotidien. On y apprend à mieux faire face aux épreuves et aux réussites qui jalonnent l’existence. Il est alors possible d’adopter des comportements qui protègent d'une rechute17.

Il existe plusieurs approches psychothérapeutiques. L’efficacité du traitement ne repose pas uniquement sur le type d’approche. L’engagement personnel et la volonté du patient de même que la relation de confiance qu’il tisse avec son thérapeute seraient des facteurs de succès encore plus importants. Pour en savoir plus sur les différents types de psychothérapies, consulter notre fiche Psychothérapie.

À propos des médicaments

On appelle psychotropes les substances d'origine naturelle ou artificielle capables de modifier l'équilibre chimique du cerveau. Leur action s'exerce essentiellement sur le système nerveux central.

On réserve le terme antidépresseur à un groupe de médicaments de synthèse psychotropes dont l'action vise la disparition des symptômes dépressifs. Les antidépresseurs sont divisés par classe, selon le type d'action qu'ils opèrent sur les cellules du cerveau, les neurones (bloquer ou stimuler telle ou telle fonction). Chaque classe d’antidépresseurs comporte ses avantages et ses inconvénients.

 

Médicaments antidépresseurs

Il existe quelques classes d'antidépresseurs. Voici les plus fréquemment prescrites. À noter que les effets indésirables sont courants.

  • Les antidépresseurs tricycliques, dont l’amitriptyline (Elavil®) et l’imipramine (Tofranil®). Utilisés depuis le début des années 1960, ils provoquent beaucoup d’effets indésirables (somnolence, gain de poids, constipation, sécheresse de la bouche, baisse de la libido, etc.). On y a moins recours de nos jours.
  • Les inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine (ISRS), dont le citalopram (Celexa®), la fluoxétine (Prozac®), la fluvoxamine (Luvox®), la paroxétine (Paxil®) et la sertraline (Zoloft®). Leur efficacité est équivalente à celle des antidépresseurs tricycliques. Ils ont aussi leurs effets indésirables : agitation, insomnie, maux de tête et baisse de la libido. En outre, ils réduisent la fertilité chez les hommes, qui revient à la normale après l’arrêt du traitement9.
  • Les inhibiteurs du recaptage de la sérotonine et de la norépinéphrine (IRSN), telle la venlafaxine (Effexor®). Ils sont parmi les plus efficaces des antidépresseurs. Ils agissent sur deux types de neurotransmetteurs à la fois. Cependant, ils peuvent provoquer davantage d’effets indésirables. Habituellement, on les utilise lorsque les autres médicaments s’avèrent insuffisants pour soulager les symptômes.

Mise en garde. Selon un avis émis par Santé Canada10, les antidépresseurs de type ISRS et IRSN exposent les enfants et les adolescents à un risque accru d’idées ou de comportements suicidaires (comparativement à un placebo). Santé Canada précise que ces antidépresseurs ne sont pas indiqués chez les enfants et les adolescents, les études n’étant pas parvenues à prouver leur efficacité chez ceux-ci11. D’autres rapports indiquent qu’ils peuvent provoquer de l’agitation, de l’hostilité et des actes d’automutilation chez toute personne qui en consomme, incluant les adultes. La prise de tels médicaments doit donc faire l’objet d’un suivi rigoureux de la part du médecin.

Il n’est pas aisé de trouver le médicament dont l’effet thérapeutique est optimal. Pour y parvenir, il faut parfois expérimenter différents produits durant plusieurs semaines ou quelques mois.

Effet placebo?

Les très nombreuses recherches réalisées pour tester les médicaments contre la dépression ont démontré que l'effet placebo pouvait varier de 20 % à 49 %12. Ce qui est supérieur à ce qu’on observe avec d’autres types de médicaments.

Une proportion importante des personnes souffrant de dépression répond peu ou pas du tout aux antidépresseurs. On leur prescrit alors deux médicaments de classes différentes simultanément.

Le fait de souffrir de dépression pourrait accélérer légèrement l’apparition du diabète chez les personnes déjà à risque70. Les chercheurs soutiennent que les personnes dépressives sont moins portées à faire de l’exercice et à bien manger. De plus, certains médicaments peuvent accroître l’appétit et occasionner un gain de poids. Tous ces facteurs augmentent le risque de diabète de type 2. Ces données appuient l'importance d'une approche globale - incluant de saines habitudes de vie - pour traiter une dépression.

Remarque sur le sevrage des antidépresseurs

On ne doit jamais cesser un traitement aux antidépresseurs de façon soudaine. La dose doit être réduite graduellement sur quelques semaines, d’après les conseils du médecin. Cela dit, normalement, il n’y a pas de symptômes de sevrage dangereux avec les antidépresseurs, seulement des malaises passagers.

Il est souhaitable, mais pas toujours indispensable, d’attendre quelques jours (ou plus, selon le médicament) avant d’entreprendre un autre traitement pharmacologique ou naturel. Se renseigner auprès de son médecin.

Vitamines du groupe B

Des carences en vitamines du groupe B, surtout les vitamines B6, B9 (acide folique) et B12, ont été détectées chez des gens dépressifs dans le cadre d’études. Les déficits en ces vitamines peuvent ainsi contribuer à la dépression13-16. Ces nutriments jouent en effet un rôle important dans la synthèse des neurotransmetteurs, incluant la sérotonine et la dopamine.

Si une carence est suspectée ou détectée, le médecin recommande alors la prise de suppléments de vitamines du groupe B. Plusieurs médecins suggèrent d’ailleurs à leurs patients qui souffrent de dépression d’adopter une diète riche en folates (vitamine B9 de source naturelle). Consulter notre Palmarès des nutriments Vitamine B9 pour en connaître les meilleures sources alimentaires.

Groupes de soutien ou d'entraide

Des séances de psychothérapie en groupe s’organisent dans les hôpitaux, les cliniques et même en bureau privé dans le cadre de thérapie brève (12 à 15 semaines). Pour les personnes dépressives, il s’agit là d’un moyen de briser l'isolement ou de maintenir un précieux lien social. On trouve aussi des groupes destinés aux proches des personnes vivant un épisode de dépression.

L'opinion de notre médecin

La crainte des antidépresseurs est-elle justifiée?

Leur mauvaise réputation, qui n’est pas méritée, tient sur plusieurs facteurs. Il faut d’abord noter que les antidépresseurs ne commencent à être vraiment efficaces qu’après quatre à six semaines de traitement. Cependant, les effets indésirables apparaissent dès les premiers jours. Au début de la prise d’antidépresseurs, on peut alors ressentir plus d’anxiété qu’avant. Cette situation est temporaire. Il faut donc être patient lorsqu’on débute le traitement.

Aussi, malheureusement, plusieurs études le confirment : certains médecins prescrivent des antidépresseurs à des personnes ne souffrant pas vraiment de dépression. Il arrive aussi qu’ils les prescrivent à dose insuffisante pour soulager complètement les symptômes.

Les antidépresseurs sont des psychotropes sécuritaires. Contrairement aux anxiolytiques (Ativan®, Valium® et autres), ils ne causent pas de dépendance et peu de sevrage. Les antidépresseurs ne comportent aucun effet secondaire dangereux courant (en fait, moins que l’aspirine!).

Il ne faut pas oublier que le but du traitement est la disparition complète de tous les symptômes. Plusieurs personnes, y compris les médecins, se contentent, à tort, de la disparition de l’humeur triste. Ce n’est pas suffisant. Il faut aussi retrouver la capacité de ressentir du plaisir, de prendre des décisions et de les assumer, de se projeter dans l’avenir...

 

Dr Paul Lépine, M.D., D.O.

 

L’opinion de notre spécialiste

Peut-on guérir de la dépression?

La dépression se soigne bien. Un diagnostic et une prise en charge précoce sont les deux facteurs clés pour en guérir, c’est-à-dire pour que les symptômes disparaissent complètement (humeur triste, autodépréciation, perte d’intérêt et de motivation, troubles d’attention, douleurs physiques, fatigue, troubles du sommeil, idées suicidaires...).

Il faut savoir que plus on tarde à consulter un spécialiste, plus le risque de rechute est important et plus la dépression est longue et difficile à traiter.

Actuellement, on recommande une double approche : pharmacologique et psychothérapeutique. Différentes approches en psychothérapie (thérapie de soutien, cognitivo-comportementale, interpersonnelle, psychodynamique, etc.) sont très utiles. Si ce n’est pas suffisant, on peut combiner des antidépresseurs. Le traitement doit être poursuivi durant une période de 6 à 12 mois à dose efficace pour éviter les rechutes.

Conserve-t-on des séquelles?

La majorité des personnes qui sont traitées n’auront pas de symptômes résiduels. Néanmoins, ceux-ci sont relativement courants. La personne qui a vécu une dépression peut conserver une fragilité au stress, de l’anxiété, des problèmes de sommeil ou de la fatigue. Mais, ces symptômes ne se manifestent pas nécessairement tous les jours.

Donne-t-on des médicaments trop rapidement?

La dépression est une maladie à la fois sous-diagnostiquée et sur-diagnostiquée, d’après des études canadiennes, américaines et européennes. Ainsi, plusieurs personnes atteintes de dépression n’obtiennent aucun suivi médical, tandis que d’autres reçoivent à tort un diagnostic de dépression. Ces dernières vivent plutôt un passage difficile comme une rupture amoureuse, un deuil ou une difficulté d’adaptation.

Dès que l’on suspecte des symptômes de dépression, il est indispensable de consulter un médecin pour établir un diagnostic précis et amorcer un traitement adapté. Si une dépression s’aggrave et que rien n’est fait, la personne peut nourrir des pensées suicidaires et même éventuellement passer à l’acte.

Dre Muriel Narjoz-Mury, psychiatre

 

Révision médicale (mars 2007) : Dre Muriel Narjoz-Mury, psychiatre, Chaire Lucie et André Chagnon pour l'enseignement d'une approche intégrée en prévention, Université de Sherbrooke.
Révision médicale (mai 2003) :
Dr Paul Lépine, M.D., D.O.

Traitements non conventionnels

Attention. La dépression nécessite un diagnostic et un suivi par un professionnel de la santé. L’automédication n’est pas recommandée. Le millepertuis, la SAMe et le 5-HTP peuvent interagir avec les antidépresseurs, en augmentant leur effet, par exemple. Leur consommation devrait être suivie par un professionnel de la santé. Se reporter aux fiches complètes de ces produits pour obtenir les renseignements précis sur les interactions médicamenteuses potentielles.

Phytothérapie

Efficace Millepertuis (Hypericum perforatum). De 2001 à 2005, plusieurs essais cliniques et quatre méta-analyses ont été publiées. Trois d’entre elles ont confirmé que la plante est plus efficace qu'un placebo en cas de dépression légère à modérée et qu'elle l’est autant que les antidépresseurs de synthèse, tout en provoquant moins d'effets indésirables que ces derniers18-20. Des chercheurs britanniques ont cependant remis en question l’efficacité du millepertuis, sur la base d’une méta-analyse publiée en 200421. Les antidépresseurs auxquels on a comparé le millepertuis au cours des essais cliniques comprennent aussi bien ceux du type fluoxetine (Prozac®), sertraline (Zoloft®) et paroxétine (Paxil®) que les médicaments de type plus ancien comme l'imipramine.
En ce qui concerne la dépression grave, les études ont donné des résultats contradictoires. Les auteurs d’une méta-analyse publiée en avril 2005 ont scruté 12 études : ils ont conclu que l’effet du millepertuis dans ces cas était minimal19. Cependant, par la suite, une étude comparant un extrait de millepertuis à la paroxétine (Paxil®) a donné des résultats positifs au chapitre de la dépression modérée à grave22.

Dosage

Pour une dépression légère à modérée, le millepertuis s'utilise par voie interne, sous différentes formes. Consulter la fiche Millepertuis pour les connaître.

Usage reconnu Ginkgo (Ginkgo biloba). L'efficacité de cette plante de la pharmacopée chinoise est reconnue par la Commission E pour soulager, entre autres, les symptômes de dépression que vivent certaines personnes âgées atteintes de démence dégénérative (comme la maladie d'Alzheimer). Le ginkgo biloba pourrait aussi être intéressant pour les personnes âgées qui ne réagissent pas bien aux antidépresseurs23.
Dosage

De 120 mg à 240 mg d'extrait standardisé par jour (50:1), à prendre en deux ou trois doses.

Recherches préliminaires sur le ginkgo et les troubles du sommeil. Il est possible que le ginkgo puisse aussi aider à régulariser le sommeil chez les dépressifs de tout âge ayant ce problème et, à ce titre, être considéré comme un traitement complémentaire, tel que le suggère une étude clinique de petite envergure24. L'extrait de ginkgo utilisé, le EGb Li 1370, était administré (240 mg par jour) durant quatre semaines, en plus de la médication habituelle.

Suppléments

Efficace SAMe. La SAMe (S-Adénosyl-L-Méthionine) est une molécule qui joue un rôle important dans le métabolisme des hormones et des neurotransmetteurs, et qui participe à de nombreuses réactions biochimiques. Les auteurs d'une synthèse d’essais cliniques menés jusqu'à la fin de 200225 de même qu'un organisme gouvernemental américain, l'Agency for Healthcare Research and Quality (qui s’est penché sur 28 études)26, ont conclu que la SAMe est plus efficace qu'un placebo et aussi efficace que les antidépresseurs tricycliques pour traiter la dépression. Ils soulignent aussi que des études supplémentaires, notamment des essais comparant cette substance aux antidépresseurs de la dernière génération, permettraient d'établir avec plus de précision le dosage optimal.
Dosage

Prendre de 800 mg à 1 600 mg par jour.
Notes
-
Bien que des effets bénéfiques puissent se faire sentir au bout de quelques jours seulement, il faut parfois compter jusqu'à cinq semaines avant que le traitement fasse pleinement effet.
- Répartir la dose quotidienne tout au long de la journée en concentrant les prises le matin et l'après-midi. Éviter de prendre le soir.

Efficacité possible 5-HTP (5-hydroxytryptophane). Une vingtaine d’études ont porté sur l’efficacité du 5-HTP à soulager les symptômes de la dépression (990 sujets en tout) : la plupart sont de faible envergure et 11 d’entre elles ne comportaient pas de groupe placebo. Parmi les dix études à double insu avec placebo, sept ont conclu que le 5-HTP était supérieur au placebo28-30. L’ensemble de la preuve est donc difficile à interpréter, d’autant plus que la grande majorité des études a été effectuée entre 1960 et le début des années 1980.
Dosage

Prendre de 50 mg à 100 mg, trois fois par jour.

Efficacité incertaine Huiles de poisson. Des données épidémiologiques ont permis de constater un lien inverse entre la consommation de poissons et de fruits de mer et la dépression31, ainsi que la dépression postpartum32. On a aussi constaté que l’organisme des personnes déprimées présentait de faibles taux d’acides gras essentiels de type oméga-3, notamment l'acide eicosapentaénoïque (AEP) et l'acide docosahexaénoïque (ADH)33-37. Les résultats d’essais préliminaires indiquent que de hautes doses d’AEP/ADH (6 g et plus), en complément d’un traitement classique, peuvent contribuer au rétablissement des personnes déprimées38 et à la stabilisation de l’état des patients souffrant de trouble bipolaire (maniacodépression)39.
Il semble que ce soit davantage l’AEP (à raison de 1 g à 2 g par jour) que l’ADH qui influe le plus positivement sur la dépression, selon les résultats de deux études (92 sujets en tout)40,41.
Certains médecins recommandent déjà à leurs patients d’inclure dans leur alimentation des aliments riches en oméga-3, comme le saumon, la sardine et le maquereau. Consulter notre
Palmarès des nutriments Acides gras oméga-3 AEP pour connaître toutes les sources.

Mode de vie

Efficacité probable Activité physique. Tous les professionnels de la santé s'entendent pour dire que l'exercice est essentiel pour la santé et donc pour l'équilibre mental. Plusieurs des changements métaboliques induits par l'exercice améliorent le fonctionnement du cerveau. Des endorphines, associées au sentiment de bien-être, sont par exemple libérées au cours de l’activité physique.

Plusieurs études cliniques se sont penchées sur les effets positifs de l'exercice chez les personnes dépressives63-65. Une méta-analyse parue dans le British Journal of Medicine a rassemblé les résultats de 14 études64. L'article révèle que l'exercice réduit les symptômes davantage que l'absence de traitement, et que ses effets sont comparables à ceux d'une thérapie cognitive.

La plupart des experts recommandent de s’adonner à une activité physique durant une trentaine de minutes, au moins cinq jours par semaine. La quantité minimale pour en ressentir les bienfaits serait de trois périodes de vingt minutes par semaine66.

Pour passer à l’action, consulter notre dossier Forme physique 1 - Les meilleures raisons de bouger.

Thérapies

Efficacité probable Luminothérapie. La luminothérapie a fait ses preuves dans le traitement de la dépression saisonnière. Une synthèse d’études42 et une méta-analyse43 ont conclu que la luminothérapie affiche une efficacité modeste pour traiter la dépression non saisonnière, en complément au traitement classique. Les auteurs insistent toutefois sur le fait que les essais cliniques répertoriés étaient en général de courte durée et qu’ils étaient réalisés auprès de peu de sujets. Depuis, deux autres essais cliniques ont été publiés. Tous deux soulignent l’efficacité de la luminothérapie pour réduire les symptômes de la dépression non saisonnière et pour améliorer le bien-être général44-46. Au cours de l’un de ces essais, qui a duré cinq semaines, la luminothérapie consistait s’exposer à une lumière d’une intensité de 10 000 lux chaque jour, durant 30 minutes. Par ailleurs, un essai clinique47 publié en 2005 n’a pas observé d’effets antidépresseurs supérieurs à un placebo auprès d’un groupe de 81 personnes âgées.

Efficacité possible Massothérapie. Des résultats positifs ont été rapportés dans le cadre d’études portant sur la dépression pendant la grossesse48 et le post-partum49,50; de même que chez les enfants51,52 et les adolescents53, et chez les patients atteints de cancer54, du sida55 ou de maladies du rein56, etc. Plusieurs de ces études rapportent certaines améliorations de l’anxiété, du stress, de l’humeur, du sommeil, des fonctions immunitaires, de la fatigue, etc., mais généralement sans en évaluer les bienfaits durant de longues périodes. La quantité de données probantes n’est toutefois pas suffisante pour pouvoir tirer des conclusions claires. Parallèlement, une revue de la littérature scientifique57 rapporte des effets positifs : soulagement du stress (baisse de cortisol) et activation du système nerveux central (augmentation de la sérotonine et de la dopamine). Le massage peut être considéré comme un complément aux traitements classiques. Voir notre fiche Massothérapie.

Efficacité possible Yoga. Une synthèse de cinq études randomisées visant à évaluer l’efficacité de la pratique de différentes formes de yoga dans le traitement de la dépression a été publiée en 200458. Tous les essais rapportaient des effets positifs du yoga sur les symptômes de dépression. Les auteurs ont toutefois souligné que la qualité des protocoles de recherche était insuffisante pour tirer une conclusion définitive. Par ailleurs, un essai ouvert réalisé en 2005 chez 113 sujets hospitalisés pour des problèmes psychiatriques indique que la pratique du yoga améliore l'humeur59.

Efficacité incertaine Danse-thérapie. Un essai randomisé portant sur 40 adolescentes souffrant de dépression d’intensité légère a évalué les effets d’un programme de 12 semaines de danse-thérapie60. À la fin de l’expérimentation, les adolescentes du groupe danse-thérapie présentaient moins de symptômes de détresse psychologique que celles du groupe témoin.

Efficacité incertaine Massage pour bébé. Cette approche pourrait contribuer au bien-être de la mère qui vit une dépression et de son enfant. Lors d'un essai clinique, 40 bébés âgés d’un mois à trois mois dont la mère était dépressive ont été assignés aléatoirement à des séances de 15 minutes de massage ou de bercement, deux fois par semaine pendant six semaines61. Les enfants du groupe massage ont pris plus de poids et ont démontré un tempérament plus calme et de meilleures dispositions émotionnelles et sociales. Ils semblaient moins stressés, pleuraient moins et s’endormaient plus facilement.
Dans un autre essai clinique randomisé publié en 200162, des mères souffrant de dépression post-partum ont eu de meilleures interactions avec leur enfant grâce au massage. Leur humeur s’est aussi améliorée. Toutefois, le quart des participantes a abandonné l’étude en cours de route, ce qui laisse croire que cette approche pourrait être difficile à adopter. Consulter notre fiche
Massage pour bébé.

Approches à considérer

Approches à considérer Médecine traditionnelle chinoise. Malgré le peu de recherches menées sur le sujet, il semble que l'acupuncture, la pharmacopée chinoise et le Qi Gong puissent soulager les symptômes de la dépression. Une recherche avec placebo menée en 1998 à l'Université de l'Arizona auprès de 34 femmes souffrant de dépression a révélé une réduction des symptômes de l'ordre de 43 % grâce à l'acupuncture (mais seulement 22 % avec le placebo)67. C'est un taux de réussite comparable aux traitements aux antidépresseurs ou à la psychothérapie. Le taux de récidive, six mois plus tard, correspond également aux résultats des traitements reconnus68. Aussi, les National Institutes of Health des États-Unis rapportaient que les recherches ont démontré que l'acupuncture peut modifier « l'équilibre chimique du cerveau en modulant la production de neurotransmetteurs et de neurohormones »69.

                                               source:passeportsanté.net

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