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| Traitements médicaux | |
| Exercice, suppléments de calcium et de vitamine D, hormonothérapie (femmes et hommes), médicaments spécifiques contre l'ostéoporose (biphosphonates, miacalcine, raloxifène, etc.), chirurgie. | |
| Traitements non conventionnels | |
| | Ipriflavone. |
| | Phytoestrogènes. |
| | Vitamine K. |
| | Collagène, thé noir, trèfle rouge, Tai Ji Quan. |
| | Massothérapie, Médecine traditionnelle chinoise. |
Voir la signification des symboles et les critères de classification utilisés
L'ostéoporose n'est pas une maladie, mais un processus naturel qui entraîne à la longue une perte graduelle de masse osseuse. Comme son nom le suggère, l’ostéoporose rend les os de plus en plus poreux et fragiles. Liée le plus souvent à l'âge, mais aussi précipitée par une foule de facteurs, cette détérioration des os augmente le risque de fractures. Les os les plus susceptibles de se fracturer sont ceux de la hanche, des vertèbres et des poignets. Mentionnons qu'il est parfaitement possible de vivre, sans aucune douleur et sans aucune limitation, quand on fait de l'ostéoporose.
Chez les femmes, le risque de présenter une fracture en raison d’une ossature fragilisée par l’ostéoporose est de 40 %, tandis qu’il est de 13 % chez les hommes. En effet, beaucoup plus de femmes que d'hommes sont touchées par l’ostéoporose; pour des raisons hormonales, mais aussi parce que les hommes possèdent une plus grosse ossature. Chez les plus de 50 ans, l’ostéoporose affecte environ une femme sur quatre, et un homme sur huit. Elle peut néanmoins survenir à tout âge.
Pour poser un diagnostic, le médecin évalue d’abord l’ensemble des facteurs de risque comme les antécédents familiaux, les autres maladies, l’âge de la ménopause, les habitudes de vie, etc. Si nécessaire, il propose aussi un test de densitométrie osseuse. Ce test permet de connaître le contenu minéral des os, ce qu’on appelle la densité minérale osseuse (DMO). Cependant, il ne permet pas de voir l’architecture des os. Il existe plusieurs techniques pour mesurer la DMO. La plus couramment utilisée est l’absorptiométrie biphotonique par rayons X. Le résultat de ce test s’appelle le score T. Il se base sur une comparaison avec la DMO moyenne de jeunes adultes de même sexe et de même ethnie. Les résultats se classent comme suit :
Cette classification concerne essentiellement les femmes ménopausées caucasiennes. Ces valeurs sont moins fiables chez les hommes et les personnes d’autres ethnies.
Notons que le test de densité minérale osseuse est utile dans une démarche globale d’évaluation du risque de fracture. Il ne devrait pas être utilisé comme seul outil diagnostic puisqu’il ne prédit que faiblement le risque de fracture, à lui seul49.
Les cellules osseuses sont en perpétuel renouvellement. Dans les os, il y a constamment construction de nouveaux tissus et destruction des vieux tissus (« remodelage »). Jusqu’à l’âge de 30 ans environ, la construction l’emporte sur la destruction, permettant ainsi la croissance et la consolidation de la masse osseuse. Par la suite, cette masse se maintient généralement jusqu’à l’âge de 40 ans, où elle tend alors à décliner de 1 % à 2 % par année.
Chez les femmes, la perte de masse osseuse s’intensifie avec l’arrivée de la périménopause, en raison du déclin de la production d’oestrogènes. Cette phase de perte osseuse accélérée dure jusqu’à environ cinq ans après la ménopause.
Chez les hommes, la perte est plus graduelle. À compter de 70 ans, leur risque d'ostéoporose augmente considérablement, et ils sont plus susceptibles d'avoir des fractures, surtout s'ils ne font pas d'exercice et qu'ils n'absorbent pas assez de calcium par leur alimentation.
Le graphique suivant donne une idée de l’évolution de la masse osseuse avec l’âge. Il s’agit d’une courbe moyenne. Ainsi, pour un individu en particulier, la courbe pourra être différente puisque celle-ci change en fonction du mode de vie, de l’hérédité, etc. Pour connaître les facteurs qui contribuent à l’apparition de l’ostéoporose, voir les sections Personnes à risque et Facteurs de risque.
En tentant de limiter ou de prévenir l’ostéoporose, on souhaite essentiellement éviter les conséquences d’une fracture osseuse : douleurs, perte d’autonomie et de qualité de vie (en cas de fracture de la hanche surtout), etc.
Lorsque l'ostéoporose est diagnostiquée et traitée, surtout si elle reste bénigne ou asymptomatique, le pronostic est excellent. Même dans les cas graves, au bout de quelques années, son traitement permet de stabiliser ou d'améliorer l'état des os au point de réduire de 50 % le risque de subir une fracture.
Par ailleurs, si l'ostéoporose découle de l'usage prolongé d'un médicament (thérapie aux corticostéroïdes, etc.), elle est réversible quand on élimine rapidement la cause.
Flotter en état d'apesanteur dans l'espace durant une longue période est une des manières les plus sûres de provoquer de l'ostéoporose, mais peu d'entre nous connaîtront cette expérience. Les facteurs de risque suivants sont beaucoup plus courants. Ils contribuent à l’apparition ou à l’accélération de l’ostéoporose.
| Pourquoi prévenir? |
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| Mesures de dépistage |
| Les recommandations varient d’une source à l’autre. Le Groupe d’étude canadien sur les soins de santé préventifs conseille le dépistage régulier de l’ostéoporose chez toutes les femmes en postménopause48. Quant à elle, la Société de l’ostéoporose du Canada recommande le dépistage aux personnes de 65 ans et plus, ou à un âge plus jeune chez les personnes qui ont plusieurs facteurs de risque. À discuter avec son médecin.
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| Mesures préventives de base |
| Pour prévenir l'ostéoporose, les autorités médicales conseillent avant tout d'avoir un apport suffisant en calcium et en vitamine D, ainsi que de faire de l'exercice physique. Faire de l'exercice. Les études démontrent que la pratique d’exercice est bonne pour les os, et ce, tout au long de la vie3,6,46. Durant l’enfance et l’adolescence, être actif permet de se constituer un squelette plus résistant, donc de faire ses réserves de masse osseuse pour l’âge adulte. Chez les femmes préménopausées et ménopausées, les exercices réduisent le taux de perte osseuse et peuvent même conduire à un gain, dans certains cas. En outre, chez les personnes plus âgées, une bonne forme physique prévient les chutes et, par conséquent, réduit le risque de fracture. Toutefois, évitez l’excès d’exercice qui, lui aussi, est nuisible. Les exercices les plus efficaces pour agir sur la densité osseuse sont les exercices des articulations portantes et les exercices contre résistance : Manger des aliments riches en calcium. Un des meilleurs moyens de prévenir l'ostéoporose est de se constituer une solide ossature grâce à une alimentation riche en calcium. Mais cela ne signifie pas forcément qu'il faille boire autant de lait que les autorités médicales ou l'industrie du lait le suggèrent. En effet, on peut obtenir un apport suffisant en calcium en mangeant autre chose que des produits laitiers. Par exemple : du saumon (avec les os), des sardines, des légumes vert foncé (brocoli, etc.), des produits à base de soya (tofu, lait de soya enrichi de calcium). La prise de suppléments de calcium (combinés à la vitamine D) peut être nécessaire chez les personnes qui ne comblent pas leurs besoins quotidiens en ce minéral. Manger des aliments riches en vitamine D. Cette vitamine permet de mieux absorber le calcium. Voir la fiche Vitamine D pour en connaître les sources. Réduire sa consommation de café. La caféine augmente les pertes urinaires de calcium, mais seul le café semble associé à une perte de densité osseuse. Dans le cas du thé noir, les flavonoïdes pourraient compenser les pertes de calcium liées à son contenu en caféine (voir plus loin). Réduire sa consommation d'alcool. D'une part, l'action diurétique entraîne la fuite de nombreux nutriments, dont le calcium. D'autre part, dans les cas d'alcoolisme les plus graves, la personne tend à ne plus manger suffisamment, ce qui contribue encore plus à créer une carence en calcium. Cesser de fumer. Beaucoup d'études confirment que le tabagisme entraîne des pertes osseuses. Cependant, une fois qu'on cesse de fumer – même à un âge avancé – les pertes osseuses liées au tabac s'arrêtent. Avoir un apport suffisant en protéines. Un apport inadéquat a été associé à un risque accru de fracture de la hanche chez les hommes et les femmes âgés3. Le besoin moyen en protéines se situe de 45 g à 55 g par jour pour les femmes, et de 55 g à 65 g par jour pour les hommes. Avec l’âge, les besoins en protéines ne diminuent pas vraiment. Ils demeurent de l'ordre de 0,8 g/kg de poids corporel.
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Protéines : animales ou végétales?
Même si le débat est loin d'être clos, on croit généralement qu'un excès de protéines animales entraîne une fuite de calcium par l'urine. D'où l'avantage, par exemple, des protéines de soya qui causent moins de fuites de calcium que celles d'origine animale, ainsi que le suggèrent quelques études7.
Récemment, une importante étude prospective tendait même à démontrer que, chez les femmes postménopausées, une alimentation plus riche en protéines animales qu'en protéines végétales était associée à un risque accru de fracture de la hanche et à des pertes osseuses plus rapides dans le col du fémur8. C'est ce qui amène certains intervenants à conseiller le végétarisme comme moyen de se protéger contre l'ostéoporose. Mais les résultats restent contradictoires9.
Certaines études n’ont pourtant pas établi de lien entre un régime riche en protéines et un risque accru de fractures. Au contraire, ces études démontraient qu’un régime riche en protéines animales pouvait même solidifier les os et réduire le temps d’hospitalisation après une fracture à la hanche10-12. Une étude contrôlée et randomisée démontrait également que, chez les hommes et les femmes de 65 ans et plus qui prenaient des suppléments de calcium et de vitamine D, une consommation accrue de protéines (animales ou végétales) semblait améliorer la densité minérale osseuse13.
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Le traitement de base combine une supplémentation et une médication adéquates avec un programme d'exercice adapté. Par contre, la perte osseuse réapparaît lorsqu’on arrête le traitement.
De la même façon qu'elle peut prévenir l'ostéoporose, l'activité physique permet d'en ralentir la progression et même de la diminuer dans les cas déclarés. Cependant, il faut y aller avec prudence et même éviter carrément certains exercices, comme se plier vers l’avant, soulever des grandes charges, des sports qui exigent des torsions comme le golf ou les quilles et des activités à grand impact comme la course à pied, le soccer, les sports de raquette, le volleyball et le basketball14. Si l'on souffre d'ostéoporose, on doit toujours consulter un médecin avant de pratiquer toute forme d'activité physique – à l'exception de la marche, qui convient à presque toutes les personnes souffrant d'ostéoporose, quel que soit leur âge.
Tout comme pour la prévention, ce sont les exercices des articulations portantes et les exercices contre résistance qui aideront le plus à consolider la masse osseuse. Pour plus de détails, voir « Prévention ».
Pour l'essentiel, tout comme pour la prévention, il s'agira de manger des aliments riches en calcium et en vitamine D.
Il faudra également appliquer les diverses recommandations alimentaires décrites sous la rubrique « Prévention » en ce qui concerne le café, l'alcool, etc.
Employés pour prévenir l'ostéoporose, le calcium et la vitamine D sont également recommandés pour éviter que l'ostéoporose ne s'aggrave. Une synthèse de quinze études cliniques portant sur un total de 1 806 participants a permis de conclure que le calcium était supérieur au placebo pour réduire la perte de densité osseuse après au moins deux ans de traitements, en plus d’indiquer une réduction de fractures aux vertèbres15.
Pour prévenir ou traiter l’ostéoporose, les recommandations vont de 700 mg de calcium par jour jumelé à 10 µg (400 UI) de vitamine D, jusqu'à 1 200 mg de calcium jumelé à 20 µg (800 UI) de vitamine D, à prendre avec les repas. Voir les fiches Calcium et Vitamine D.
Hormonothérapie substitutive (HTS). L'usage des oestrogènes et de la progestérone peut être conseillé aux femmes atteintes d'ostéoporose, mais non sans avoir pesé le pour et le contre de cette approche. En effet, les National Institutes of Health américains stipulent que l’HTS prescrite uniquement pour la prévention de l’ostéoporose ne devrait servir qu’en cas de « risque important d’ostéoporose » et que « les médicaments autres que ceux à base d’oestrogènes devraient être étudiés attentivement16 ». Les effets secondaires à long terme de l’HTS dépasseraient les bienfaits sur les os, et ce, chez la plupart des femmes ménopausées17-19. Notons qu’avec l’arrêt du traitement hormonal, s’amorce une phase accélérée de perte de masse osseuse (telle qu’on l’observe naturellement chez les femmes dès la périménopause).
Voir notre nouvelle « Plus de risques que d’avantages à l’hormonothérapie? » (14 août 2003).
Pour les hommes chez qui l'ostéoporose découle d'une déficience en testostérone (hypogonadisme), on recourra à une hormonothérapie aux androgènes.
Médicaments antidouleur. En cas de douleurs aiguës ou chroniques, on utilisera des analgésiques.
Médicaments spécifiques. Il existe plusieurs médicaments pouvant freiner la dégénérescence osseuse, préserver ou augmenter la masse ou la densité minérale osseuse tout en réduisant de manière significative le risque de fractures. Les principaux sont les suivants :
- Biphosphonates. Les plus étudiés sont l'alendronate (Fosomax®) et le risédronate (Actonel®). Dans le même groupe, on utilise aussi l'étidronate (Didrocal®);
- Calcitonine (Miacalcin®). S'utilise par voie nasale.
- Raloxifène (Evista®).
- Parathormone synthétique (PTH).
N.B. Pour vérifier si ce type de médicaments donne les résultats voulus, il est important de passer un test d'ostéodensitométrie une fois par an ou aux deux ans.
Le port d'un corset pourrait s'imposer si la douleur s'intensifie.
En cas de fracture de la hanche, une intervention chirurgicale peut être nécessaire pour reconstruire la hanche.
En cas d'hyperparathyroïdie, l'ablation des glandes parathyroïdes permet d'améliorer la densité minérale des os.
Avoir une bonne posture du dos. Autrement dit, il s'agit de redresser la tête et de garder le haut du dos bien droit tout en maintenant les épaules en arrière et le bas du dos cambré.
Autres suggestions allant dans le même sens :
- Soutenir le cou avec un petit coussin lorsque l'on est assis dans un fauteuil ou que l'on conduit la voiture.
- Ne pas trop se pencher lorsqu'on effectue des tâches courantes ou qu'on lit.
- Manipuler correctement les charges lourdes. Pour cela, il faut éviter de pencher le haut du corps pour saisir et soulever la charge. Il s'agit plutôt de plier les genoux et de garder le dos droit pendant qu'on la déplace.
Éviter les chutes avec diverses mesures simples. Voici quelques moyens : mettre un tapis antidérapant dans la baignoire, porter des souliers à talons plats et éventuellement à semelles antidérapantes, se méfier des carpettes, des surfaces glissantes et des fils électriques qui traînent, etc.
Attention également aux chiens et aux chats, car ils peuvent toujours venir « se mettre dans les jambes » au moment où l'on s'y attend le moins. Si l’on en possède un, mais qu'on ne veut pas s'en départir, ce qui est tout à fait compréhensible, on doit redoubler de vigilance ou limiter son accès dans la maison.
N.B. On peut demander à un ergothérapeute de se rendre à domicile pour évaluer les risques de chute et déterminer les moyens de les prévenir.
Les moyens non conventionnels sont autant pertinents en prévention, pour ralentir les pertes osseuses, qu’en traitement, pour prévenir l’aggravation de l’ostéoporose.
Phytoestrogènes. Depuis que la Women's Health Initiative Study a révélé que les risques associés à l’hormonothérapie substitutive pouvaient dépasser les bénéfices escomptés, l’intérêt des femmes et de la communauté scientifique envers des solutions de rechange naturelles s’est grandement accru. Les femmes asiatiques sont moins sujettes à l’ostéoporose et aux fractures que les femmes occidentales. Et ce, malgré leur fine ossature et leur faible consommation de calcium. Ainsi, on a émis l’hypothèse que le régime très riche en phytoestrogènes des Asiatiques jouait un rôle dans la protection des os. La majorité des études ayant tenté de vérifier cette hypothèse ont porté sur les isoflavones, un type de phytoestrogène dont les concentrations les plus élevées se retrouvent dans les fèves de soya et leurs dérivés. Voir les fiches Phytoestrogènes et Isoflavones.
Les auteurs d’une synthèse d’études parue en 2003 ont analysé les résultats de recherches faites in vitro, sur des animaux et chez des femmes en périménopause ou en postménopause (15 études épidémiologiques et 17 essais cliniques)20. En se basant sur l’ensemble des données, les auteurs estiment qu’une diète riche en phytoestrogènes exerce un effet protecteur (d’amplitude indéterminée) sur les os.
Plus récemment (2004), une autre synthèse d’études obtenait des conclusions similaires : les phytoestrogènes issus du soya favorisent la préservation des os chez les femmes ménopausées21.
Dosage
Vitamine K. Des études épidémiologiques démontrent un lien entre un faible apport en vitamine K et le risque de fracture de la hanche22-24. En revanche, les résultats de certaines études se contredisent quant à l'effet de la vitamine K sur la densité osseuse des sujets observés23,25. Les Japonais ont publié plusieurs études suggérant qu'une supplémentation en vitamine K2 peut augmenter ou préserver la densité osseuse chez les femmes ménopausées26-29. On croit que cette vitamine pourrait activer certaines protéines présentes dans la structuration de la masse osseuse. Par ailleurs, la vitamine K2 pourrait réduire l'ostéoporose liée à l'usage des stéroïdes30. On ne sait pas si, en l’absence d’une déficience en vitamine K, il y a un réel intérêt à prendre un tel supplément47.
Dosage
Une étude récente suggère qu'un apport alimentaire quotidien de 110 µg contribuerait à mieux protéger les femmes contre l'ostéoporose22. Les légumes verts (brocoli, épinards et autres légumes feuilles) et les algues sont de bonnes sources de vitamine K. Voir la fiche Vitamine K pour en savoir plus.
Ipriflavone. Des données provenant de très nombreux essais cliniques, dont plusieurs d’une durée de deux ans effectués en Italie, démontrent que l’ipriflavone, pris en conjonction avec unsupplément de calcium de 1 000 mg, peut prévenir l’ostéoporose chez les femmes ménopausées31-33. Il semble également que l’ipriflavone peut ralentir ou contrer la perte osseuse chez les personnes atteintes d’ostéoporose, y compris lorsque la maladie est causée par certaines maladies.
Note. Bien que l'ipriflavone soit offerte en vente libre en Amérique du Nord, son usage nécessite un suivi médical en raison de ses effets possiblement immunodépresseurs. Voir la fiche Ipriflavone.
Collagène. Un essai a été mené durant 24 semaines auprès de 108 femmes ménopausées souffrant d’ostéoporose et traitées à la calcitonine, une hormone couramment prescrite pour contrer la perte osseuse. Un groupe de participantes a reçu la calcitonine seule, tandis que l’autre groupe a aussi reçu 10 g par jour d’hydrolysat de collagène. Les chercheurs ont constaté que la prise de collagène avait augmenté et prolongé l’effet bénéfique de la calcitonine sur la perte osseuse34.
Thé noir (Camellia sinensis). Diverses études ont tenté d’établir un lien entre la consommation régulière de thé et la densité minérale osseuse. Il est possible que les flavonoïdes contenus dans le thé influencent le métabolisme des os. Les quelques études épidémiologiques publiées à ce sujet, réalisées au Japon, en Angleterre et aux États-Unis, ont obtenu des résultats contradictoires35-37.
Trèfle rouge (Trifolium pratense). Des résultats prometteurs suggèrent que les isoflavones du trèfle rouge pourraient réduire de manière significative la perte de densité minérale osseuse chez les femmes en périménopause ou en postménopause38-40. Aux fins d’une récente recherche (2004), on a offert à 204 femmes en périménopause ou en postménopause soit un extrait de trèfle rouge contenant 43,5 mg d’isoflavones, soit un placebo40. Parmi les 177 femmes ayant complété l’étude, celles ayant pris le trèfle rouge ont eu une perte osseuse moindre à la colonne lombaire que celles ayant pris le placebo. De plus, dans le sous-groupe des femmes postménopausées traitées, les marqueurs de la résorption (diminution) osseuse sont demeurés inchangés et ceux de la formation osseuse ont augmenté.
Tai Ji Quan. La pratique du Tai Ji Quan (tai-chi-chuan), un art martial incorporé dans la Médecine traditionnelle chinoise, semble ralentir la perte de densité osseuse qui accompagne le vieillissement. C’est du moins ce que suggère une étude chinoise randomisée et contrôlée portant sur 132 femmes postménopausées (âge moyen : 54 ans)41. Durant un an, les femmes dans le groupe Tai Ji Quan ont pratiqué leurs exercices sous la supervision d’un enseignant, et ce, cinq jours par semaine, à raison de 45 minutes par séance. Quant aux femmes du groupe contrôle, elles menaient une vie sédentaire. Au terme de l’étude, le test d’absorptiométrie à rayons X a révélé des pertes de densité osseuse dans les deux groupes. Toutefois, les femmes qui s’étaient mises au Tai Ji Quan ont subi une perte moins importante que celles du groupe contrôle. En outre, il se peut que le Tai Ji Quan aide à réduire les chutes (donc, le risque de fracture) en améliorant l’équilibre42,43. Voir la fiche Tai Ji Quan.
Massothérapie. À court terme, les massages fournissent un complément au traitement de l’ostéoporose en aidant à relaxer et en améliorant le bien-être général44. Voir la fiche Massothérapie.
Médecine traditionnelle chinoise. Le praticien de médecine chinoise effectuera un traitement énergétique en recourant à la phytothérapie et à l'acupuncture.
Pour ce qui est de la phytothérapie, il prescrira des plantes qui stimulent la production d'oestrogènes et qui favorisent la reminéralisation45. La formule traditionnelle chinoise Liu Wei Di Huang Wan, offerte là où l'on vend des produits de pharmacopée chinoise, est un traitement classique de l'ostéoporose.
La pratique du Qi Gong pourrait également aider à renforcer l'ossature. Voir la fiche Qi Gong.
| L’ostéoporose ne devrait pas être vue comme une maladie, mais bien comme un facteur de risque de fractures parmi plusieurs autres. À mon sens, le discours médical autour de l’ostéoporose, qui tend à en faire une maladie à traiter, est injustifié. Il est tout à fait possible de vivre avec de l’ostéoporose sans douleur, et sans autre conséquence. Pour prévenir les fractures, on doit effectivement renforcer ses os par la pratique d’activités physiques, l’arrêt du tabagisme et une saine alimentation. Mais aussi en étant plus vigilant et en évitant les substances qui diminuent l’équilibre. Dr Paul Lépine, M.D., D.O. |