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Maladie d'Alzheimer

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Traitements possibles

Traitements médicaux

Soutien social, inhibiteurs de cholinestérase, exercice.

Traitements non conventionnels

Efficacité probable

Ginkgo, huperzine (Qian Ceng Ta), phosphatidylsérine.

Efficacité incertaine

Carnitine, mélatonine (pour l'insomnie), musicothérapie.

Approches à considérer

Acupuncture, approches corporelles (massothérapie, toucher thérapeutique), thérapie par l'art.

Voir la signification des symboles et les critères de classification utilisés

Description médicale

La maladie d'Alzheimer, autrefois appelée gâtisme, est la démence sénile la plus fréquente dans les pays développés. Au Canada, elle représente environ 75 % des cas de démence chez les personnes âgées de 65 ans et plus. Il est estimé qu'un homme sur huit et une femme sur quatre en souffriront au cours de leur vie, à différents degrés. C'est Dr Alois Alzheimer, un neurologue allemand, qui a donné son nom à cette maladie qu'il a identifiée en 1906 lors de l'autopsie d'une femme morte de démence. Il avait observé dans le cerveau de celle-ci des plaques anormales et des enchevêtrements de cellules nerveuses, désormais considérés comme étant les principaux signes physiologiques de la maladie d'Alzheimer.

Le caractère irréversible et progressif de la maladie d'Alzheimer génère souvent des souffrances psychologiques importantes, autant pour la personne atteinte que pour l'entourage. Se manifestant au début par des oublis et une désorientation dans le temps et l'espace, les symptômes s'amplifient peu à peu : les fonctions intellectuelles comme la mémoire, l'orientation et la capacité de résoudre des calculs mentaux se dégradent et la personnalité change. Ces symptômes s'expliquent par la dégénérescence des cellules nerveuses du cerveau. La perte graduelle d'autonomie que vit la personne atteinte demande, avec le temps, un soutien de l'entourage.

La progression de la maladie d'Alzheimer s'étend sur dix ans en moyenne, mais elle peut prendre de deux à vingt ans. Il en existe deux formes : la forme sporadique, qui constitue de 90 % à 95 % des cas, et la forme familiale, d’origine génétique, qui peut toucher plusieurs générations d'une même famille. La maladie d'Alzheimer débute généralement après l'âge de 60 ans, mais certaines personnes, et ces cas sont heureusement très rares, en sont atteintes dès l'âge de 30 ans.

Évolution de la maladie

Phase 1. Il y a une perte graduelle de mémoire pouvant causer de la dépression et de l'anxiété, qui passe souvent inaperçue. Les personnes atteintes tenteront de pallier leurs difficultés en tenant des aide-mémoire et en ayant recours à leurs proches, mais malgré les apparences, la détresse est toujours présente.

Phase 2. La mémoire à court terme se dégrade. Les patients trouvent donc de plus en plus difficile d'apprendre et de retenir de nouvelles informations. Ils ne se rappellent plus les événements les plus récents tandis que leurs souvenirs de jeunesse et d'âge moyen sont encore bien préservés. Le sens du temps et de l'orientation s'estompe peu à peu, rendant les malades incapables de retrouver leur chemin dans des endroits familiers. Ils deviennent graduellement incapables de planifier des repas, de gérer leur argent, de prendre leurs médicaments aux heures demandées, etc.
Les malades peuvent également souffrir des troubles suivants :

  • aphasie : une difficulté à exprimer leur pensée oralement;
  • apraxie : une incapacité d'exécuter des mouvements coordonnés;
  • agnosie : un trouble de reconnaissance et d'interprétation des objets familiers;
  • prosopagnosie : un trouble de reconnaissance des visages.

Malgré ces troubles intellectuels, les patients parviennent encore à manger, à assurer leur hygiène corporelle et à s'habiller eux-mêmes. Par ailleurs, des symptômes psychiatriques tels que de l'irritabilité, de l'anxiété, de la dépression et des changements dans la personnalité peuvent engendrer des conflits interpersonnels.

Phase 3. Les gens qui atteignent le troisième stade de la maladie deviennent très confus et désorientés. Ils manifestent parfois des symptômes de psychose, notamment des hallucinations et des délires paranoïdes, aggravés par la perte de mémoire et la désorientation. Les comportements sont souvent plus accentués la nuit.

La dégénérescence nerveuse entraîne la réapparition de certains réflexes archaïques (gestes innés du nouveau-né à la naissance) ainsi qu'une incontinence urinaire et fécale. Les malades peuvent devenir agressifs, exigeants, voire violents ou asociaux. D'autres sont, au contraire, très dociles et dépendants.

Les patients négligent leur hygiène corporelle et, s'ils sont laissés sans surveillance, peuvent errer vainement durant des heures. À ce stade, l'hospitalisation ou une surveillance en permanence devient nécessaire.

Causes

On comprend encore mal l'origine de cette destruction progressive des neurones. Plusieurs facteurs de risque, autant environnementaux que génétiques, sont actuellement à l'étude (voir Personnes à risque et Facteurs de risque). Les chercheurs s'entendent pour dire que cette maladie est souvent déclenchée par un ensemble de facteurs. Une chose est certaine, on observe une diminution de la présence d'acétylcholine dans le cerveau. Voici deux modifications physiologiques qui apparaissent dans le cerveau des personnes atteintes et qui expliquent la dégénérescence des neurones :

  • la formation de dépôts (plaques) de protéines « bêta-amyloïdes » dans les vaisseaux sanguins du cerveau, ce qui entraîne la libération de substances oxydatives, à effets destructeurs sur les neurones;
  • l’accumulation de protéines Tau anormales, qui altère l'enchevêtrement des cellules nerveuses.

 

En vieillissant, il est normal d'avoir certains troubles de mémoire. Cela peut être aussi lié à la prise de certains médicaments, à une carence en vitamine B12 ou à plusieurs maladies : troubles cardiovasculaires, hypertension, dépression, diabète, hypothyroïdie. Dans plusieurs cas, les pertes de mémoire sont réversibles si l'on soigne correctement la cause.

 

Complications

La plupart des personnes atteintes de cette maladie ne meurent pas de la maladie elle-même, mais plutôt d'un problème causé par leur dégénérescence cognitive ou neuromotrice ou de leur incapacité à prendre soin d'eux-mêmes. Entre autres :

  • complications à la suite d'une chute : fracture, choc sérieux à la tête;
  • aggravation d'une infection des voies urinaires à cause de l'usage d'un cathéter urinaire (installé en raison d'une incontinence);
  • pneumonie causée par la difficulté à avaler de la nourriture et des liquides. (Les malades risquent d'inhaler dans les voies respiratoires et les poumons une partie de ce qu'ils mangent ou de ce qu'ils boivent.)

Symptômes

  • Une mémoire récente affectée (nom des personnes, événements récents).
  • Une difficulté à retenir de nouvelles informations.
  • Une difficulté à exécuter les tâches familières (fermer les portes à clé, prendre des médicaments, retrouver des objets, etc.).
  • Une difficulté de langage (chercher les mots).
  • Une difficulté ou une incapacité à planifier (repas, budget, etc.).
  • Une perte graduelle du sens de l'orientation dans l'espace et dans le temps.
  • Un jugement affaibli.
  • Des difficultés face aux notions abstraites.
  • Une difficulté à reconnaître les gens.
  • Une mémoire distante affectée (perte des souvenirs d'enfance et de l'âge adulte).
  • Des changements d'humeur ou de comportement.
  • Des changements de personnalité.
  • Un manque d'enthousiasme.
  • Des problèmes de langage.

 

Des symptômes similaires peuvent être causés par d'autres maladies, comme la démence vasculaire, la dépression et l'alcoolisme.

 

Personnes à risque

  • Les personnes âgées de 65 ans et plus. Dans la mesure où les femmes vivent plus longtemps, celles-ci sont plus susceptibles de souffrir un jour de la maladie d'Alzheimer.
  • Les personnes qui ont un parent, un frère ou une soeur atteint de la maladie d’Alzheimer.

 

Dans le cas de la forme familiale, la maladie se transmet d'une génération à l'autre par un gène dominant. Les enfants ayant un parent atteint ont 50 % de risque d'avoir eux-mêmes la maladie. Cependant, si plusieurs membres d'une même famille sont touchés, cela ne signifie pas forcément qu'il s'agisse de la forme familiale. Le facteur génétique fait encore l'objet de recherches pour ce qui est de la forme sporadique de la maladie.

 

Facteurs de risque

L'âge : de loin, le facteur de risque le plus important. Au Canada, en 1994, la maladie d'Alzheimer affectait1,48 :

  • 1 % des personnes âgées de 65 à 74 ans;
  • 7 % des personnes âgées de 75 à 84 ans;
  • 26 % des personnes âgées de 85 ans et plus.

L'hypertension, le diabète, l'artériosclérose et le tabagisme doublent ou triplent le risque de souffrir de la maladie d'Alzheimer.

Certains aspects font actuellement l'objet de recherches :

  • un faible niveau de scolarité;
  • des blessures à la tête;
  • certaines maladies : syndrome de Down, trisomie 21, arthrite, troubles cardiovasculaires, hypertension;
  • le mode de vie : alimentation, exercice, consommation d'alcool, de café ou de tabac;
  • l’exposition à des substances dans l'environnement ou dans le cadre d'activités professionnelles : aluminium, plomb, etc.

Prévention

Actuellement, aucune preuve solide ne démontre qu'il existe des moyens de prévenir la maladie d'Alzheimer. Certaines pistes de recherche sont cependant encourageantes.

Intervention sur les maladies

Il est possible de diminuer le risque de développer la maladie d'Alzheimer en intervenant médicalement ou par des efforts sur les habitudes de vie et sur certaines maladies, comme l'hypertension artérielle, le diabète, l'artériosclérose ou le tabagisme.

Alimentation

Selon des recherches préliminaires, les personnes qui consomment beaucoup de gras animal et de calories pourraient courir plus de risques.2 Ainsi, une étude japonaise s'est penchée sur 64 personnes souffrant de la maladie et 80 sujets du même âge (non atteints de la maladie d'Alzheimer), qui représentaient le groupe contrôle. Les habitudes alimentaires des personnes atteintes différaient sensiblement de celles du groupe contrôle : elles n'aimaient pas le poisson et les légumes verts ou jaunes et mangeaient plus de viande que celles du groupe contrôle. Elles absorbaient donc moins de vitamine C et de bêta-carotène et consommaient nettement moins de gras oméga-3. La maladie d'Alzheimer pourrait donc, comme les maladies coronariennes et certains cancers, être liée au mode de vie. Les patients atteints ont reçu 900 mg/jour d'oméga-3, sous forme d'acide eicosapentaénoïque, ce qui a amélioré de manière significative les résultats obtenus lors de tests cognitifs. L'effet a commencé à s'estomper après six mois, avec les meilleurs résultats obtenus au troisième mois.3

Efficacité possible Sources alimentaires d'antioxydants. Par ailleurs, deux études de cohorte réalisées en 2002 indiquent qu'un régime alimentaire riche en vitamine E ou en vitamine C et E peut diminuer le risque d'en souffrir, notamment chez les fumeurs.20,21 Les participants aux études n'avaient aucun signe de démence au début de l'étude. Pour la première étude, un total de 5 395 personnes âgées de 55 ans et plus étaient suivies dans leurs habitudes alimentaires durant en moyenne quatre ans. La seconde comportait un total de 815 personnes âgées de 65 ans et plus, suivies durant six ans. Par ailleurs, la prise de ces vitamines en suppléments n'avait aucun effet positif. Se référer aux fiches sur les vitamines pour connaître leurs sources alimentaires.

Entraînement mental

Des recherches indiquent que le fait de rester en forme mentalement pourrait retarder la démence. C'est le cas notamment de la fameuse « Nun Study » portant sur la maladie d'Alzheimer.4 Cette étude est en cours depuis 1986 auprès de 678 religieuses de l'ordre des School Sisters of Notre Dame, une communauté où l'âge moyen est de 85 ans et où plusieurs ont plus de 90 ans. Chez ces religieuses, le taux de la maladie d'Alzheimer est nettement plus bas que celui de la population en général et, fait significatif, beaucoup d'entre elles sont très instruites et mènent des activités intellectuelles fort exigeantes pour leur âge. Des chercheurs croient donc que le fait de garder un esprit actif tout au cours de sa vie favorise le maintien et la croissance de connexions entre les neurones, ce qui retarderait la démence. Par ailleurs, certains estiment qu'un haut degré d'instruction aiderait à réussir plus facilement les tests cognitifs utilisés pour diagnostiquer la démence et permettrait ainsi de dissimuler plus longtemps la présence de la maladie.

Diminution de l'exposition à l'aluminium

L'aluminium a été mis en cause dans le déclenchement de la maladie d'Alzheimer parce que l'on a trouvé une concentration anormale de ce métal chez certaines personnes souffrant de la maladie. Le lien reste à démontrer, mais certaines statistiques sont néanmoins alarmantes. Ainsi, en France, une étude de l'INSERM réalisée dans deux départements indique que les personnes buvant une eau contenant plus de 0,1 mg d'aluminium par litre voient leur risque doubler ou tripler.5,6 Au Canada, les autorités fédérales appliquent le principe de précaution et demandent que l'eau acheminée aux citoyens contienne moins de 0,1 mg/l.6 En raison de l'incertitude qui règne sur cette question, certains suggèrent d'éviter d'utiliser les poêlons ou les casseroles en aluminium pour la cuisine. D'autres jugent cela inutile, car cette source d'aluminium ne représente que de 1 mg à 2 mg par jour sur les 9 mg à 14 mg absorbés chaque jour dans l’alimentation.

Diminution de l'exposition au plomb

Une exposition au plomb dans le milieu de travail pourrait faire tripler et même quadrupler le risque d'avoir un jour la maladie d'Alzheimer, indique une recherche effectuée par des chercheurs de l'Université Case Western Reserve, en Ohio, et présentée lors du congrès annuel de l'Académie américaine de neurologie (AAN) en mai 2000.7

Médicaments

L'hormonothérapie substitutive chez les femmes en postménopause ou la prise d'anti-inflammatoires non stéroïdiens (tels l'aspirine et l'ibuprofène) pourrait offrir une certaine protection contre la maladie d'Alzheimer, mais cela reste à prouver.

Traitements médicaux

À ce jour, il est impossible de guérir de la maladie d'Alzheimer. En revanche, il existe des médicaments qui peuvent ralentir l'évolution de la maladie et, dans une certaine mesure, améliorer le fonctionnement cognitif. Les médicaments actuellement en développement visent à s'attaquer au processus pathologique de la maladie, dans l'espoir de permettre une guérison. Considéré comme une composante du traitement, le soutien social apporté à la personne malade n'est pas à négliger. Aussi, il revient au médecin d'évaluer le réseau social du malade et de l'aider à l’agrandir, par exemple en le dirigeant vers les services spécialisés de sa région. L'efficacité du traitement est évaluée par le médecin après trois à six mois; celui-ci est ajusté s'il y a lieu de le faire.

Soutien social

Les médecins conseillent diverses stratégies à la famille et aux aidants des personnes atteintes :

  • Faire des visites régulières pour offrir un soutien, selon les besoins.
  • Fournir des aide-mémoire.
  • Créer une structure de vie stable et calme dans la maison.
  • Établir un rituel pour le coucher.
  • Améliorer la communication. (Voir Alzheimer : pour bien communiquer, dans Documents associés.)
  • S'assurer que l'environnement immédiat présente peu de danger.
  • Veiller à ce que le malade ait toujours dans sa poche une carte (ou encore un bracelet) avec une indication sur son état de santé et des numéros de téléphone au cas où il s'égarerait.
Médicaments

Inhibiteurs de cholinestérase. On les utilise principalement pour traiter les symptômes faibles à modérés de la maladie d'Alzheimer. Cette famille de médicaments permet d'augmenter la concentration en acétylcholine dans certaines régions du cerveau. L'acétylcholine permet la transmission de l'influx nerveux entre les neurones du cerveau. Toutefois, l'effet bénéfique de ce médicament diminue à mesure que la maladie progresse puisque de moins en moins de cellules produisent de l'acétylcholine. Par ailleurs, ils ont plusieurs effets secondaires indésirables.

Aux États-Unis et en France, la tacrine (Cognex®) est très utilisée comme inhibiteur de l'enzyme qui détruit l'acétylcholine (cholinestérase), mais il n'est pas approuvé au Canada. Sur le marché canadien, il existe actuellement trois inhibiteurs de cholinestérase :
- donepezil ou E2020, sous la marque Aricept®;
- rivastigmine, sous la marque Exelon®;
- bromhydrate de galantamine, sous la marque Reminyl® (ce médicament approuvé en  2001 est un dérivé de... bulbes de jonquilles!).

Au stade de recherche. Plusieurs essais cliniques sont en cours pour tester de nouveaux médicaments ou traitements :

  • Détruire les plaques de protéines bêta-amyloïdes. Mise au point d'un vaccin qui stimulerait les cellules immunitaires à réagir pour détruire les plaques de protéines bêta-amyloïdes, une des atteintes physiologiques importantes de la maladie. Un tel vaccin est actuellement testé aux États-Unis et au Canada. Selon Dr Rémi Bouchard, neurologue canadien spécialisé dans les troubles de la mémoire, le vaccin est une piste très intéressante puisqu’il permettrait de s'attaquer au mécanisme de la maladie.8 Une autre option testée serait d'activer certaines cellules du cerveau (microglie) pour qu'elles éliminent les plaques.
  • Améliorer la circulation sanguine. Dr H.S. Goldsmith de l'Université du Nevada a obtenu de bons résultats en implantant directement dans le cerveau une partie du corps nommée omentum. Dr Goldsmith, dont la technique est controversée, estime qu'une circulation sanguine déficiente dans le cerveau est un important facteur de la maladie. Il a observé que cette opération permet de l'améliorer significativement. Cette opération, encore au stade expérimental, semble non seulement arrêter le processus dégénératif, mais aussi l'inverser.9
  • Régénérer les neurones. La communauté scientifique fonde beaucoup d'espoir dans la régénération des neurones endommagés par la maladie. Une solution de rechange à la régénération pourrait être d'implanter dans le cerveau des neurones issus de cellules souches de la moelle. La recherche sur les cellules souches est au centre d'un débat éthique, puisqu'elle nécessite la manipulation d'embryons humains. Au Canada, un projet de loi a été déposé en mai 2002. Son adoption permettrait l'utilisation de cellules souches pour la recherche effectuée en vue de trouver des traitements pour des maladies graves, comme la maladie d'Alzheimer.40,41

Les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer qui désirent participer à des études cliniques peuvent s'informer auprès de la Société Alzheimer du Canada (voir la section Sites spécialisés).

Exercice

Au Alzheimer's Centre de la Clinique Mayo, aux États-Unis, on encourage vivement la pratique de l'exercice pour les personnes souffrant de la maladie d'Alzheimer. En plus d'améliorer la force, l'endurance, la santé cardiovasculaire, le dynamisme, le degré d'énergie, le sommeil, la circulation sanguine et l'humeur, l'exercice physique a des effets spécifiquement bénéfiques en cas de maladie d'Alzheimer :
- aide à conserver les capacités motrices;
- donne une impression de sens et de but;
- exerce un effet calmant;
- maintient le niveau d'énergie, de souplesse et d'équilibre;
- réduit les risques de blessures sérieuses en cas de chute.

On peut même faire d'une pierre deux coups lorsque la personne qui prend soin du malade en fait aussi.10 Par ailleurs, au cours d'une étude effectuée au Oxford Dementia Centre en Grande-Bretagne, des patients souffrant de démence ont été soumis à un programme d'exercice vigoureux (natation, escalade, etc.). Les chercheurs croient que des activités énergiques pourraient aider à stimuler les cerveaux abîmés et révéler des talents « perdus ».

Ainsi, un homme de 86 ans qui souffrait d'une démence grave depuis quatre ans s'est mis à reparler couramment italien, une langue qu'il avait apprise durant la Seconde Guerre mondiale. Pourtant, il se rappelait très peu de choses de son passé. Un autre patient s'est soudain mis à composer de la musique classique avec un tel talent que des orchestres ont joué ses oeuvres.11

Traitements non conventionnels

Tout comme les traitements médicaux, les traitements non conventionnels ne prétendent pas guérir la maladie d'Alzheimer. Selon le cas, elles en retarderont l'évolution, en soulageront les symptômes ou rétabliront un tant soit peu le fonctionnement cognitif.

Pharmacopée chinoise

Deux plantes asiatiques, le ginkgo biloba (Ginkgo biloba) et le Qian Ceng Ta (Huperzia serrata), ont des appuis scientifiques de plus en plus probants. D'autres pourraient aussi se révéler utiles. Ainsi, un mélange de plantes traditionnelles, la formule Gouteng San, est utilisée avec succès en Orient dans le traitement de l'Alzheimer.

Efficacité probable Ginkgo (Ginkgo biloba). La Commission E reconnaît l'efficacité du ginkgo biloba pour soulager les symptômes liés à la démence vasculaire ou dégénérative, incluant les pertes de mémoire, les troubles de l'attention et la dépression. Plusieurs études, d'une durée de trois mois à un an, appuient cette reconnaissance par l'organisme allemand.31-35 Ces études, menées en double aveugle et contrôlées, montrent que le recours aux extraits de ginkgo (ou GBE pour « Ginkgo biloba extract ») peut exercer un effet modeste, mais significatif, surtout au début de la maladie. Dans les cas plus graves, la prise de ginkgo aurait pour effet, du moins, de stabiliser l'état ou de ralentir l'aggravation de la maladie. L'efficacité du ginkgo a aussi été comparée à celle des médicaments utilisés couramment (tacrine, donepezil, etc.). Deux méta-analyses suggèrent que son effet est inférieur à celui des médicaments36,37, une autre conclut qu'il est équivalent38.
Dosage

Prendre de 120 mg à 240 mg d'extrait standardisé par jour (50:1), en deux ou trois doses. L'effet du ginkgo peut prendre un certain temps à se manifester pleinement. Consulter la fiche Ginkgo biloba pour en savoir plus.

Efficacité probable Huperzine ouQian Ceng Ta (Huperzia serrata). On extrait de cette plante chinoise un alkaloïde, l'huperzine A. Selon des études chinoises contrôlées et randomisées, ses effets seraient d'améliorer la mémoire, les fonctions cognitives et les comportements des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer.15,29,30 Au cours d'une étude clinique randomisée et multicentrique à laquelle ont participé 103 sujets, les chercheurs ont observé une amélioration significative après huit semaines chez les sujets qui utilisaient l'huperzine A par rapport à ceux ayant reçu un placebo.15 L'huperzine A agirait en limitant la destruction de l'acétylcholine. La présence d'une faible quantité d'acétylcholine dans le cerveau peut être un signe de maladie d'Alzheimer.
Dosage

Au cours des études, dont la durée variait de 8 semaines à 12 semaines, les sujets prenaient un total de 400 µg d'huperzine A par jour, divisé en deux doses de 200 µg.

Suppléments

Efficacité probable Phosphatidylsérine. Composante essentielle de la membrane des cellules, la phosphatidylsérine est le principal phospholipide du cerveau. Normalement, le cerveau en produit en quantité suffisante, mais certaines conditions chez les gens âgés, comme la démence sénile et la dépression, sont associées à une déficience en phosphatidylsérine. Des essais cliniques à double insu avec placebo réalisés de 1986 à 1993, principalement avec des personnes étant aux premiers stades de la maladie d’Alzheimer, montrent que la prise de suppléments de phosphatidylsérine améliore les fonctions cognitives, l'humeur et le comportement.42-46 Ces suppléments sont couramment utilisés en Europe pour traiter différentes formes de démence, tout comme les pertes de mémoire liées à l'âge.
Dosage

Le dosage utilisé dans les études et recommandé par des experts est de 300 mg par jour au total, divisés en trois doses de 100 mg.47

Efficacité incertaine Carnitine. Ce composé, fait d'acide acétique et de L-carnitine, se forme naturellement dans le cerveau. En plus de mimer et d'augmenter l'action de l'acétylcholine, la carnitine possède des effets antioxydants39, ce qui explique que plusieurs chercheurs aient étudié ses effets sur des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer. Des études contrôlées et randomisées, où de 500 mg à 1 000 mg de carnitine étaient administrés trois fois par jour à 1 400 sujets, ont obtenu des résultats contradictoires.27 Les plus anciennes études suggèrent un effet modeste sur les capacités cognitives chez les personnes atteintes de la maladie à un jeune âge, tandis que les plus récentes réfutent cette hypothèse.

Efficacité incertaine Mélatonine. Selon une petite étude, « l'hormone du sommeil » serait peut-être efficace pour soigner l'insomnie liée à la dépression et à la maladie d'Alzheimer.18 D'ailleurs, une étude clinique a permis d'observer une augmentation du taux de mélatonine dans le sang de personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer à la suite de séances de musicothérapie, dont l'effet est calmant.28

Thérapies

Efficacité incertaine Musicothérapie. Plusieurs études cliniques montrent que la musicothérapie peut exercer un effet positif sur l'humeur, la satisfaction personnelle, le comportement et la mémoire. La musicothérapie a facilité pour certains l'adaptation à la vie en centre de soins de longue durée, en favorisant la communication et en augmentant la satisfaction personnelle. Aucune étude contrôlée et randomisée n'a encore été réalisée, et il est encore difficile de généraliser et de quantifier les résultats obtenus.12,23

Approches à considérer

Approches à considérer Acupuncture. Plus de la moitié des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer vivent de l'anxiété ou de la dépression, et plusieurs patients ne peuvent tolérer les effets secondaires des médicaments utilisés pour contrer cela. En Médecine traditionnelle chinoise, l'acupuncture est souvent combinée à un traitement avec des herbes médicinales pour alléger l'anxiété chez ces patients. Les études cliniques réalisées jusqu'à maintenant ont été menées en Chine et n'étaient pas contrôlées. De plus, l'électroacupuncture, qui se sert de plaquettes conductrices et de courants électriques d'intensité variable pour agir sur les énergies, pourrait aider à diminuer les pertes de mémoire.12

Approches à considérer Approches corporelles. Le stress est l'une des causes possibles des comportements agités chez les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer. La prise de conscience des pertes de mémoire et la difficulté à communiquer que vivent certaines d'entre elles engendrent souvent des frustrations et de l'anxiété. Des techniques antistress comme la massothérapie12 et le toucher thérapeutique pourraient s'avérer profitables. Au cours d'une étude, ces deux méthodes ont créé un état de relaxation, mais cela n'a pas suffi à réduire l’agitation. Le massage s'est révélé plus efficace que le toucher thérapeutique.22 Consultez notre dossier Le stress et l’anxiété.

Approches à considérer Thérapie par la peinture (Art-thérapie). Il existe des programmes d'expression artistique créative destinés à ce type de patients. Selly Jenny, l'instigatrice d'un projet de ce genre, croit que la maladie d'Alzheimer ne détruit pas entièrement la personnalité des patients. Selon elle, même quand les compétences linguistiques ont disparu, l'art est chez les personnes atteintes un moyen valable de s'exprimer et de raconter des histoires.

source:passeportsanté.net

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