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Autres noms : vitamine A préformée Rétinol, rétinal, acide rétinoïque, acétate de rétinyle, palmitate de rétinyle, provitamine A, bêta-carotène, ß-carotène.
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| Prévenir certains cancers. |
Note. La vitamine A est employée de façon préventive et curative auprès des populations sous-alimentées. Dans les pays où la malnutrition sévit, une supplémentation en vitamine A contribue à prévenir les maladies infectieuses infantiles ainsi qu'à en amoindrir les conséquences. Elle permet aussi de diminuer le taux de mortalité des femmes enceintes et de réduire l'incidence de la cécité résultant des complications de certaines maladies oculaires causées par une carence en vitamine A.
Apport nutritionnel recommandé en vitamine A
| Âge | Apport nutritionnel | Apport maximal | ||
| µg** | UI** | µg** | UI** | |
| de 0 à 6 mois*** | 400 | 1 333 | 600 | 2 000 |
| de 7 à 12 mois*** | 500 | 1 665 | 600 | 2 000 |
| de 1 à 3 ans | 300 | 1 000 | 600 | 2 000 |
| de 4 à 8 ans | 400 | 1 333 | 900 | 3 000 |
| de 9 à 13 ans | 600 | 2 000 | 1 700 | 5 665 |
| Hommes, de 14 à 18 ans | 900 | 3 000 | 2 800 | 9 335 |
| Femmes, de 14 à 18 ans | 700 | 2 330 | 2 800 | 9 335 |
| Hommes, 19 ans et plus | 900 | 3 000 | 3 000 | 10 000 |
| Femmes, 19 ans et plus | 700 | 2 330 | 3 000 | 10 000 |
| Femmes enceintes : |
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| Femmes qui allaitent : |
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Source : Institute of Medicine, Food and Nutrition Board, États-Unis, 2002. Dietary Reference Intakes for Vitamin A, Vitamin K, Arsenic, Boron, Chromium, Copper, Iodine, Iron, Manganese, Molybdenum, Nickel, Silicon, Vanadium, and Zinc.1 Ces données sont le résultat d'un consensus entre les autorités canadiennes et américaines.
*Les apports en vitamine A peuvent être exprimés en microgrammes (1 µg = un millionième de gramme) d'équivalent rétinol ou en unités internationales (UI): 1 équivalent rétinol en microgramme équivaut à 3,33 UI.
**Apport maximal tolérable : quantité quotidienne la plus élevée qu'on peut prendre de façon continue sans risque probable de souffrir d'effets indésirables. Cette donnée concerne la vitamine A sous la forme de rétinol, de rétinal, d'acide rétinoïque ou de rétinyle phosphate, mais n'inclut pas le bêta-carotène contenu dans les végétaux (voir Description ci-après). Notez que le foie peut stocker jusqu'à 500 000 UI (150 mg) de vitamine A avant qu'il y ait surdose toxique.
***Apport suffisant : en l'absence de données scientifiques suffisantes, les autorités ont fixé, non pas un apport nutritionnel recommandé (ANR), mais un apport suffisant (AS). L'apport suffisant en vitamine A repose sur les apports moyens chez les bébés nord-américains en bonne santé.
Note. Sauf s'il s'agit de bêta-carotène, tout traitement impliquant une supplémentation prolongée en vitamine A excédant les apports maximaux indiqués au tableau ci-dessus nécessite une surveillance médicale.
La vitamine A proprement dite ne se trouve que dans les produits d'origine animale : foie, viande, poisson, lait entier (le lait écrémé est enrichi en vitamine A), beurre, oeufs, fromages, etc. Le bêta-carotène (provitamine A) est fourni par certains légumes et fruits qui en contiennent de grandes quantités : carottes, abricots, mangues, légumes vert foncé, patates douces, persil, etc. Notez que les caroténoïdes sont beaucoup mieux absorbés en présence d'un peu de matière grasse.
| Aliments | Portions | Vitamine A |
| Abats de dinde, braisés ou mijotés | 100 g (3 ½ oz) | 10 737 µg EAR |
| Foie de boeuf, sauté ou braisé | 100 g (3 ½ oz) | 7 744-9 450 µg EAR |
| Abats de poulet, braisés ou mijotés | 100 g (3 ½ oz) | 1 753-3 984 µg EAR |
| Patate douce (avec la pelure), cuite au four | 100 g (1 moyenne) | 1 096 µg EAR |
| Citrouille, en conserve | 125 ml (1/2 tasse) | 1 007 µg EAR |
| Jus de carotte | 125 ml (1/2 tasse) | 966 µg EAR |
| Carottes, crues ou cuites | 125 ml (1/2 tasse) | 433- 671 µg EAR |
| Épinards, bouillis | 125 ml (1/2 tasse) | 573 µg EAR |
| Chou cavalier, cuit | 125 ml (1/2 tasse) | 489 µg EAR |
| Chou vert frisé, cuit | 125 ml (1/2 tasse) | 478 µg EAR |
| Rutabaga, cuit | 125 ml (1/2 tasse) | 411 µg EAR |
| Courges d’hiver, cuites | 125 ml (1/2 tasse) | 283 µg EAR |
| Feuilles de betterave, bouillies | 125 ml (1/2 tasse) | 276 µg EAR |
| Feuilles de navet, bouillies | 125 ml (1/2 tasse) | 275 µg EAR |
| Feuilles de pissenlit, bouillies | 125 ml (1/2 tasse) | 260 µg EAR |
| Hareng de l’Atlantique, mariné | 100 g (3 ½ oz) | 258 µg EAR |
| Cantaloup | 125 ml (1/2 tasse) (1/4 cantaloup) | 233 µg EAR |
| Laitue | 250 ml (1 tasse) | 163-207 µg EAR |
| Poivron rouge, cru ou cuit | 125 ml (1/2 tasse) | 124-198 µg EAR |
| Pak-choi ou bok choy, cuit | 125 ml (1/2 tasse) | 180 µg EAR |
Vitamine liposoluble, la vitamine A se présente, dans l'organisme, sous la forme de rétinol, de rétinal (dans la rétine), d'acide rétinoïque (dans les os et les muqueuses) ou de palmitate de rétinyle (réserves stockées dans le foie). C'est dans la rétine qu'on l'a isolée la première fois, d'où le nom de « rétinol ».
Elle joue un rôle important dans la vision, notamment au chapitre de l'adaptation de l'oeil à l'obscurité, mais aussi dans la croissance des os, la reproduction et la régulation du système immunitaire. Elle contribue à la santé de la peau et des muqueuses (yeux, voies respiratoires et urinaires, intestins), qui constituent notre première ligne de défense contre les bactéries et les virus.
Elle est essentielle à la différenciation et la croissance cellulaire, car elle participe à la transcription de certains gènes et à la synthèse de certaines protéines. Elle favorise également l’absorption du fer et semble jouer un rôle dans la régulation des réponses inflammatoires.
L'organisme s'approvisionne directement en vitamine A dans les aliments de source animale, mais il peut aussi le faire indirectement, en transformant en vitamine A certains caroténoïdes provenant des végétaux. On dit de ces caroténoïdes qu'ils sont des provitamines A : sur les 600 connus, 50 sont dits « actifs », c'est-à-dire qu'ils peuvent être convertis en vitamine A. En pratique, le bêta-carotène est de loin la provitamine A la plus importante en raison de son abondance et du fait qu'il est le carotène dont la conversion en vitamine A est la plus efficace. Ainsi, le potentiel de transformation en vitamine A du bêta-carotène est de 50 (celui du rétinol est de 100), tandis que celui des autres caroténoïdes (alpha-carotène, cryptoxanthine, etc.) est de 25.
Des apports suffisants en protéines et en zinc sont essentiels au métabolisme de la vitamine A. La vitamine E en accroît l'absorption et les réserves stockées dans le foie. Notez également que l'absorption optimale du bêta-carotène contenu dans les végétaux demande la présence d'un peu de matière grasse. Ainsi, si vous prenez un jus de carotte, un jus d'abricot ou des carottes comme collation, votre organisme n'absorbera que très peu de bêta-carotène si vous n'y ajoutez pas une ou deux noix par exemple, ou quelques gouttes d'huile d'olive. L’absorption des caroténoïdes est aussi influencée par la génétique et le statut nutritionnel de l’individu.
La vitamine A est potentiellement plus dangereuse que la plupart des autres vitamines, puisqu'elle peut s'accumuler et atteindre des concentrations toxiques, particulièrement pour le foie. Il faut quand même souligner que le foie peut stocker jusqu'à 500 000 UI (150 mg) de vitamine A avant qu'il y ait surdose. Le bêta-carotène ne présente pas les mêmes risques puisque le corps ne convertit en vitamine A que la quantité dont il a besoin, évitant de la sorte un stockage excessif de cette vitamine.
La carence en vitamine A est pratiquement inexistante dans les pays développés. Les seuls cas, relativement rares, qu'on a relevés concernent des personnes souffrant de troubles physiologiques qui entravent le métabolisme naturel d'assimilation de cette vitamine (malabsorption des gras, fibrose kystique, diarrhée chronique, maladies du foie, sida, maladie de Crohn et colite ulcéreuse, par exemple). Ces cas nécessitent l'intervention d'un médecin et ils ne peuvent, sous aucune considération, faire l'objet d'un autotraitement par la prise d'un supplément de vitamine A.
Par ailleurs, une déficience en zinc, en vitamine C ou en protéine et l'alcoolisme nuisent à la conversion des carotènes en vitamine A. Notez aussi que la vitamine A doit passer par la glande thyroïde pour être transformée en rétinol : les personnes atteintes d'hypothyroïdie sont donc plus susceptibles de souffrir d'une carence en vitamine A. Les enfants également d'ailleurs, car la capacité de stockage de leur foie est plus faible que celle des adultes et leurs besoins en vitamine A sont très grands à cause de leur croissance.
Depuis quelque temps, les experts s'inquiètent des possibilités d'hypervitaminose A (voir la section Précautions). Certains des signes d'une hypervitaminose A et ceux d'une carence sont semblables :
Bien qu'elle fût la première vitamine à être découverte (1913), ce qui explique pourquoi on lui attribua la première lettre de l'alphabet, il fallut attendre jusqu'en 1930 pour déterminer la structure chimique de la vitamine A et bien comprendre son rôle dans l'organisme. Au début du XXe siècle, on savait tout de même qu'elle jouait un rôle crucial dans la croissance et la résistance aux maladies infectieuses infantiles. L'huile de foie de morue, une importante source de vitamine A, fut, dès lors, considérée comme un ingrédient essentiel à la croissance des enfants.
De nos jours, on considère que l'alimentation normale des habitants des pays développés leur procure toute la vitamine A dont ils ont besoin. La supplémentation est surtout prônée dans les pays sous-développés ou en voie de développement, là où la sous-alimentation et la malnutrition causent une réelle carence en vitamine A. Cette carence engendre notamment une moindre résistance aux maladies infectieuses chez les enfants et une incidence accrue de la cécité qui résulte de complications de certaines maladies oculaires.
Depuis une quinzaine d'années, on utilise des dérivés synthétiques de la vitamine A pour traiter certains problèmes de peau graves. Un de ces produits (Accutane®), destiné à traiter les cas d'acné rebelle aux traitements, a déclenché toute une controverse lorsque son utilisation a été reliée à des cas de dépression, de tentative de suicide et de suicide1,2.
Prévention du cancer. Diverses études épidémiologiques et cliniques indiquent que le bêta-carotène offrirait une certaine protection contre le cancer du poumon3,4. Cependant, la supplémentation n’a pas été efficace. Ainsi, au cours d’un essai portant sur 22 000 médecins, la prise durant 12 ans d’un placebo ou d’un supplément de 50 mg de bêta-carotène aux deux jours n’a pas eu d’effet sur l’incidence de ce cancer5. En outre, en 1996, les résultats d'une étude finlandaise portant sur 29 000 fumeurs ont révélé que la supplémentation en bêta-carotène, à raison de 20 mg par jour, avait fait augmenter légèrement le risque de cancer du poumon6. Et, en 1998, un essai clinique a été prématurément interrompu lorsque les chercheurs ont constaté que la prise d’un supplément de bêta-carotène (20 mg par jour) pouvait être liée à une incidence accrue du cancer du poumon7. Enfin, bien que certaines données épidémiologiques aient permis d’établir un lien entre une alimentation riche en caroténoïdes et une réduction du risque du cancer du poumon8,9, les auteurs de plusieurs synthèses récentes concluent que cet effet protecteur n’est pas attribuable au bêta-carotène10,11 ni à la vitamine A12.
Au chapitre des cancers gastro-intestinaux, les auteurs d’une méta-analyse publiée en 2004 se sont penchés sur neuf essais ayant porté sur une supplémentation en bêta-carotène, et quatre sur une supplémentation en vitamine A. Les résultats ne sont pas concluants13.
Selon les résultats d’une méta-analyse de cinq études épidémiologiques, un apport alimentaire élevé en bêta-carotène pourrait réduire légèrement le risque de cancer des ovaires14.
En ce qui concerne le traitement du cancer, plusieurs études cliniques15-18, mais pas toutes19, ont donné des résultats encourageants. Les produits utilisés dans ces essais sont des rétinoïdes synthétiques administrés à très hautes doses et sous supervision médicale.
Asthme. La vitamine A joue un rôle important dans le maintien de l’intégrité des muqueuses du système respiratoire. Selon certaines études épidémiologiques, la vitamine A et le bêta-carotène pourraient avoir un effet protecteur contre l’asthme20,21. Pour l’instant, un seul essai préliminaire a été mené en ce sens sur 38 sujets souffrant d’asthme provoqué par l’exercice physique : la prise durant une semaine d’une source naturelle de bêta-carotène (64 mg par jour) a eu un effet protecteur chez 50 % des participants traités22.