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| Traitements médicaux | |
| Perte d’un surplus de poids, alimentation, exercice, médicaments (diurétiques, bêtabloquants, inhibiteurs calciques, inhibiteurs de l'enzyme de conversion, bloquants des récepteurs d'angiotensine, etc.). | |
| Traitements non conventionnels | |
| Huiles de poisson. | |
| Coenzyme Q10, training autogène, Qi Gong. | |
| Ail, calcium (adjuvant), biofeedback, magnésium, Tai Ji Quan. | |
| Acupuncture, vitamine C, yoga. | |
Voir la signification des symboles et les critères de classification utilisés
L'hypertension artérielle (ou haute pression) se caractérise par une trop forte pression sanguine sur les parois artérielles. En situation de stress, il est normal que la tension artérielle augmente, mais chez les personnes hypertendues, la tension demeure élevée même au repos.
Selon l'OMS, 30 % des hommes et 50 % des femmes âgés de 65 à 75 ans souffrent d'hypertension. De nos jours, on observe cette maladie chez des populations de plus en plus jeunes. Comme l'hypertension artérielle est généralement asymptomatique, un nombre important de ces hypertendus ignorent leur maladie – et c'est d'ailleurs pourquoi on la surnomme souvent le « tueur silencieux » en raison de ses graves conséquences à long terme.
Bien souvent, l'hypertension est découverte de façon fortuite au cours d'un examen de routine. Il s'avère donc important de faire mesurer sa tension artérielle au moins tous les ans afin d'obtenir un suivi médical le plus rapidement possible au besoin.
Il existe deux types d'hypertension artérielle :
- l'hypertension essentielle ou primaire qui représente 85 % des cas;
- l'hypertension secondaire.
L'origine de l'hypertension primaire reste mystérieuse. On sait que des facteurs héréditaires entrent en jeu et qu'elle peut être aggravée, notamment, par l'obésité et le stress. En fait, tout porte à croire que plusieurs facteurs entrent en ligne de compte.
Quant à l'hypertension secondaire, elle peut résulter d'une atteinte rénale, d'une atteinte endocrinienne, d’une déformation congénitale de l’aorte ou de la prise de certains médicaments (comme des anti-inflammatoires ou des vaporisateurs nasaux vasoconstricteurs) ou encore de l'ingestion de réglisse.
À la longue, une hypertension non contrôlée provoque l'artériosclérose, c'est-à-dire un rétrécissement des artères et, éventuellement, leur blocage. Elle représente donc un important facteur de risque pour les crises cardiaques, les accidents vasculaires cérébraux, l'insuffisance rénale et les troubles de la vision. D'ailleurs, dans ce dernier cas, l'hypertension peut éventuellement conduire à la perte totale de la vue.
La tension artérielle se compose des pressions systolique et diastolique, lesquelles sont mesurées en centimètres ou en millimètres de mercure (cmHg ou mmHg).
- La pression systolique correspond à la période de contraction du coeur et des artères. Elle assure un apport de sang partout à travers le corps.
- La pression diastolique correspond à la période de décontraction des ventricules qui permet aux cavités cardiaques de se remplir. C'est la pression qui est exercée entre chaque pulsation. Cette pression tend à augmenter avec l'âge, mais passé le cap de la soixantaine, elle diminue graduellement en raison de l'affaiblissement des vaisseaux sanguins du corps.
Avant d'établir un diagnostic d'hypertension, le médecin mesure généralement la tension artérielle à quelques reprises, car les chiffres peuvent varier sensiblement d'une fois à l'autre. Il est également assez fréquent que la tension grimpe de façon significative lorsqu'un patient entre dans le cabinet de son médecin et que sa tension redescende lorsqu'il en ressort. On parle alors du « syndrome de la blouse blanche ».
Ce tableau de niveaux de tension artérielle s'applique aux personnes (de 18 ans et plus) qui ne prennent pas de médicaments pour soigner l'hypertension et qui ne souffrent pas d'une maladie grave1. Il correspond aux nouvelles normes qui fixent la tension artérielle optimale à 115/75 plutôt qu’à 120/80. À notre connaissance, ce nouveau standard est actuellement mis en pratique en Amérique du Nord ainsi qu’en Angleterre2,3,4.
| Niveau de la tension artérielle | Mesure de la pression systolique |
| Mesure de la pression diastolique |
| Optimale | 115 mmHg | ET | 75 mmHg |
| Normale | moins que 120 mmHg | ET | moins que 80 mmHg |
| Préhypertension | 120-139 mmHg | OU | 80-89 mmHg |
| Haute |
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| - Stade 1 | 140-159 mmHg | OU | 90-99 mmHg |
| - Stade 2 | 160-179 mmHg | OU | 100-109 mmHg |
| - Stade 3 | 180 mmHg et plus | OU | 110 mmHg et plus |
Remarque
Advenant le cas où la mesure de la pression systolique et celle de la pression diastolique correspondent à deux niveaux différents, c'est le niveau correspondant à la valeur supérieure dont il faut tenir compte pour évaluer l'état de la tension artérielle.
L'hypertension est généralement asymptomatique. Toutefois, une pression sanguine très forte (stade 2) peut occasionner les symptômes suivants :
Note. La consommation de réglisse ou de produits à base de réglisse, comme le pastis non alcoolisé par exemple, peut aussi contribuer à élever la tension artérielle.
| Pourquoi prévenir? |
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| Mesures de dépistage |
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| Mesures préventives de base |
| Maintenez un poids santé. Idéalement, en combinant l'exercice avec de bonnes habitudes alimentaires.
Soyez actifs. La pratique régulière d'une activité physique est recommandée pour prévenir et soigner les troubles cardiovasculaires. Dans une étude portant sur plus de 6 000 hommes âgés de 35 à 60 ans, ceux qui avaient marché de 11 à 20 minutes par jour avaient réduit de 12 % leur risque de faire de l’hypertension par rapport aux non marcheurs5. Mieux encore, ceux qui avaient marché plus de 20 minutes par jour avaient réduit leur risque de 30 %.
Portez attention aux signes de stress. La relation entre le stress et l'hypertension est complexe et sujette à controverse. Tout indique cependant que le stress élève la tension artérielle, et que s'il devient chronique, il endommage à la longue les artères et le coeur. Mettez donc toutes les chances de votre côté en réduisant l'impact du facteur stress dans votre quotidien et en pratiquant régulièrement une technique de relaxation (voir la section Traitements non conventionnels).
Assurez-vous d’obtenir un bon équilibre sodium/potassium dans votre alimentation. Limitez votre consommation de sel – pas plus de 2 500 mg par jour – et consommez des aliments riches en potassium. Les fruits et les légumes en sont d’excellentes sources. Ceux qui en contiennent le plus sont le cantaloup, la pomme de terre au four avec sa pelure, les tomates en purée (en conserve), la courge d’hiver, les bananes et les épinards cuits. Les haricots blancs et les haricots de Lima sont d’autres bonnes sources. Consulter la fiche Potassium pour en savoir plus. Un bon moyen de réduire le sel est d'éviter les charcuteries, les croustilles, les repas-minute et certains aliments en conserve – les soupes notamment qui sont souvent très salées. Explications. L'efficacité du potassium dans la prévention de l'hypertension s'explique par son rôle capital dans l'équilibre du sodium et des autres minéraux présents dans la régulation de la pression sanguine. Un rapport sodium/potassium d’au moins 1/5 serait nécessaire pour maintenir un bon état de santé. Le régime américain moyen présente un rapport sodium/potassium supérieur à 2/16.
Mangez du poisson. Consommer deux à trois repas de poisson gras par semaine apporte une protection cardiovasculaire, d’après de nombreuses études (voir la fiche Huiles de poisson). Privilégier les poissons riches en acides gras oméga-3, comme le hareng, le maquereau, le saumon sauvage, la sardine et la truite, mais éviter les poissons qui contiennent beaucoup de mercure – comme le thon -, car cette substance élève la pression sanguine.
Consommez des fruits et des légumes en abondance. Pour leur apport bénéfique en fibres alimentaires, en antioxydants et en potassium.
Limitez votre consommation de matières grasses. Pour maintenir une bonne santé cardiovasculaire.
Modérez votre consommation d'alcool. On recommande un maximum de deux consommations par jour (deux bières ou deux verres de vin) pour les hommes, et une seule consommation par jour pour les femmes. Certains auront intérêt à s'abstenir complètement de consommer de l'alcool.
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Règle générale, le médecin tentera d'abord de contrôler l'hypertension en recommandant diverses modifications du mode de vie. En cas d'hypertension légère, les mesures décrites ici suffisent à normaliser la tension. En cas d'hypertension plus importante, celles-ci permettront de réduire la consommation de médicaments tout en procurant une meilleure qualité de vie.
Sans contredit, la perte de poids est la méthode la plus efficace pour réduire la tension artérielle en cas de surplus de poids. D’après le 7e rapport du U.S. Joint National Committee on Prevention, Detection, Evaluation, and Treatment of High Blood Pressure, pour 20 livres perdues, la pression systolique baisse de 5 à 20 mmHg7.
Le régime DASH
Aux États-Unis, les National Institutes of Health (NIH) préconisent le régime DASH (Dietary Approaches to Stop Hypertension). Ce régime alimentaire s'apparente au régime méditerranéen et il est spécialement conçu pour soigner l'hypertension. Des recherches ont démontré son efficacité et, dans le cas d'une hypertension au stade 1, il peut même remplacer les médicaments habituels. Le suivi régulier de cette diète permet de réduire la tension systolique de 8 à 14 mmHg7.
Dans ce régime, l'accent est mis sur les fruits et légumes, les grains entiers, les noix, le poisson, la volaille et les produits laitiers faibles en matières grasses. Par contre, la consommation de viandes rouges, de sucre, de matières grasses (et plus particulièrement les graisses saturées) et de sel y est réduite1,8. (Pour plus de détails sur ce régime, voir les Sites d’intérêt).
| LA DIÈTE DASH | |
| Portions recommandées par jour | Exemples de portion |
| Produits céréaliers | - 1 tranche de pain |
| Légumes | - 250 ml de laitue ou d’autres feuillus |
| Fruits | - 1 fruit moyen |
| Produits laitiers faibles en gras | - 250 ml ou 1 tasse de lait écrémé ou 1 % |
| Viande, volaille et poisson | - 90 g ou 3 onces de viandes maigres, volaille, poisson ou fruits de mer |
| Matières grasses | - 5 ml ou 1 c. à thé d’huile ou de margarine |
| Légumineuses, noix et graines | - 125 ml ou 1/4 tasse de légumineuses cuites |
| Collations et sucreries | - 1 fruit moyen |
| Source : Étude D.A.S.H. | |
À défaut de suivre ce régime de façon stricte, il est possible d'améliorer son alimentation en appliquant les conseils qui suivent :
- consommer beaucoup de fruits et légumes;
- manger des aliments riches en calcium, magnésium et potassium (voir les Traitements non conventionnels);
- limiter sa consommation de sel : des études indiquent que 30 % des hypertendus (en particulier ceux qui présentent une sensibilité au sodium) peuvent contrôler leur pression sanguine en réduisant leur apport en sel66;
- manger de l'ail : bien que ses vertus ne soient pas prouvées de façon rigoureuse, plusieurs médecins recommandent l'ail pour ses propriétés vasodilatatrices (voir les Traitements non conventionnels).
Voir aussi notre fiche Diète sur mesure: Hypertension artérielle.
Les exercices de type cardiovasculaire (marche rapide, course, vélo, danse, natation) sont recommandés. On suggère d'en faire environ 30 minutes par jour. À long terme, cela permet de réduire la pression systolique de 4 à 9 mmHg, même en l’absence d’une perte de poids7. Pour ce qui est des exercices qui obligent à lever des poids (haltérophilie, par exemple), la prudence s'impose, car s'ils sont souhaitables en cas d'hypertension modérée, ils deviennent contre-indiqués lorsque la tension est importante. Dans tous les cas, il est préférable de demander l'avis de son médecin avant d'entreprendre un programme d'exercice.
Afin d'assurer un meilleur suivi, il est recommandé de mesurer sa tension une fois par semaine ou aux deux semaines. Pour ce faire, on peut se procurer un appareil qu'on fera d'abord vérifier dans une clinique afin de s'assurer de sa précision. À chaque lecture, noter les valeurs obtenues. Si la tension est trop élevée (une tension systolique supérieure à 140 mmHg et une tension diastolique supérieure à 90 mmHg), en faire part à son médecin. Une fois la tension stabilisée, on peut la mesurer moins fréquemment : une fois par trois mois ou suivant les recommandations de son médecin.
Les facteurs psychosociaux (dont le stress, l’impatience et l’hostilité) jouent un rôle important dans l’apparition de l’hypertension. Certains experts estiment que le stress peut faire varier de 10 % la pression artérielle. Plusieurs médecins recommandent des approches telles que la méditation, la relaxation ou le yoga. Ces mesures s’inscrivent dans la volonté du patient de changer ses habitudes de vie qui sont peut-être responsables de l’hypertension. Pratiquées régulièrement (au moins deux ou trois fois par semaine), celles-ci peuvent donner de bons résultats : les personnes hypertendues peuvent espérer réduire leur pression systolique de 10 mmHg et leur pression diastolique de 5 mmHg9, par exemple.
Parallèlement à ces pratiques, on évitera les tracasseries inutiles. Il s'agit donc d'apprendre à réduire les facteurs de stress liés au mode de vie : mieux gérer son temps, identifier ses priorités, etc.
Voir aussi à ce sujet la section Traitements non conventionnels.
Lorsque l'alimentation, l'exercice et les mesures antistress ne suffisent pas, divers médicaments peuvent assurer un contrôle adéquat de l'hypertension. Parmi les plus courants, mentionnons les diurétiques, les bêtabloquants, les inhibiteurs calciques, les inhibiteurs de l'enzyme de conversion et les bloquants des récepteurs d'angiotensine. Les nouvelles normes (2004) de gestion de l’hypertension de la British Hypertension Society appuient l’usage d’une polythérapie (deux médicaments ou plus), en notant que « la majorité des patients exigent deux médicaments ou plus pour atteindre les normes visées »10.
Qi Gong. Série d’exercices de type « énergétiques » issus de la Médecine traditionnelle chinoise, le Qi Gong pratiqué régulièrement vise à renforcer et à assouplir la structure musculosquelettique, à optimiser toutes les fonctions de l'organisme, et même à assurer la longévité. Dans certains cas, sa pratique pourrait aider à la guérison. Selon deux synthèses d’études parues en 1999, la pratique du Qi Gong (en combinaison avec la médication) diminue le risque d’accident vasculaire cérébral, réduit la dose de médication requise pour le contrôle de la tension artérielle et réduit aussi la mortalité11,12. Plus récemment, trois essais cliniques à double insu et contrôlés menés par un groupe de chercheurs coréens sont venus confirmer la capacité du Qi Gong à réduire significativement la tension artérielle, un effet que les chercheurs purent déjà observer dix semaines après le début des études13-15. Il semble que le Qi Gong agisse en diminuant le taux de stress et en stabilisant l’activité du système nerveux sympathique.
Training autogène. Cette technique de relaxation profonde proche de l'autohypnose utilise la suggestion et la concentration pour éliminer le stress de toutes sortes, que le corps accumule. Plusieurs études16-20 ont démontré que le training autogène pouvait à lui seul, ou en conjonction avec des traitements classiques, contribuer à réduire la pression sanguine. Il s'est révélé particulièrement efficace lorsque la pression demeurait élevée malgré la médication et dans les cas d'hypertension légère.
Ta-chi. Au cours d'une recherche randomisée de 12 semaines, un programme de tai-chi s'est avéré aussi efficace que des exercices aérobiques d'intensité moyenne pour réduire la tension artérielle chez 62 sujets âgés de 60 ans ou plus qui ne faisaient pas d'exercice avant l'étude21. Cette étude tend aussi à prouver que des exercices légers pourraient suffire à réduire la tension artérielle chez des personnes âgées. Une étude plus récente (2003) a produit des résultats similaires : après 12 semaines de tai-chi pratiqué trois fois par semaine par 76 patients souffrant de préhypertension ou d’hypertension de stade 1, on a enregistré d’importantes réductions des pressions systolique et diastolique (de l’ordre de 15,6 mmHg et de 8,8 mmHg, respectivement), et une nette amélioration du profil lipidique22.
Biofeedback. Cette technique d’intervention permet au patient de visualiser l’information émise par le corps (ondes cérébrales, tension artérielle, température du corps, etc.) sur un appareil électronique, pour pouvoir ensuite réagir et « s’éduquer » à atteindre un état de relaxation nerveuse et musculaire. Les auteurs d’une méta-analyse incluant 22 essais cliniques randomisés et contrôlés (pour un total de 905 personnes hypertendues) concluent que le biofeedback réduit la tension artérielle davantage que si aucune intervention n’est faite23. Toutefois, lorsqu’on comparait l’effet du biofeedback à celui d’une intervention comportementale placebo (non spécifique), le biofeedback ne se démarquait pas de manière significative, sauf si on le combinait à l’apprentissage d’une technique de relaxation. D’autres études seront nécessaires afin de déterminer si, à lui seul, le biofeedback peut réduire la tension artérielle.
Yoga. Quelques essais cliniques indiquent que la pratique quotidienne du yoga est un outil efficace pour diminuer la pression sanguine chez des personnes hypertendues24-27, bien que son effet soit bien entendu inférieur à celui des médicaments28. Des résultats particulièrement étonnants ont été observés dans le cadre d’une étude randomisée parue dans le journal The Lancet en 1975, tandis qu’on avait soumis 34 sujets hypertendus à la pratique du yoga (combiné au biofeedback) pendant six semaines. Au terme de l’étude, la pression sanguine du groupe « yoga » était passée de 168/100 mmHg à 141/84 mmHg, comparativement à 169/101 mmHg à 160/96 mmHg dans le groupe contrôle, qui pratiquait une relaxation générale. La pratique du yoga pourrait aussi influer sur les paramètres cardiovasculaires, et ainsi réduire le risque de complications29. Notons que nous avons recensé une étude dans la littérature scientifique qui conclut à l’inefficacité du yoga et des exercices de gestion du stress pour contrôler la tension sanguine30.
Acupuncture. Quelques petites études31-33 indiquent que l'acupuncture abaisse la tension artérielle. Une équipe de chercheurs américains mène présentement une importante étude clinique, le Stop Hypertension with the Acupuncture Research Program (SHARP), qui vise à vérifier l’efficacité de l’acupuncture pour traiter l’hypertension34.
| Avertissement. L’autotraitement à l’aide de plantes ou de suppléments en cas d’hypertension artérielle est déconseillé. Un suivi médical est requis afin d’évaluer les risques et d’ajuster la médication en conséquence, s’il y a lieu. |
Huiles de poisson. L'ensemble de la preuve démontre que la prise de suppléments d'huiles de poisson réduit très légèrement les pressions systolique (réduction d’environ 3,5 mmHg) et diastolique (réduction d’environ 2,5 mmHg) chez des patients souffrant d'hypertension37-40. Les huiles de poisson constituent une bonne source d'acide eicosapentanoïque (EPA) et d'acide docosahexanoïque (DHA), deux acides gras oméga-3 aux nombreux bienfaits pour le système cardiovasculaire.
Dosage
L'ensemble des données démontre que la consommation quotidienne d'environ 3,7 g d'huiles de poisson peut réduire modérément la tension artérielle. Habituellement, un comprimé de 1 g d’huiles de poisson renferme environ 300 mg d’oméga-3. Voir la fiche Huiles de poisson pour en savoir plus.
Coenzyme Q10. Pris sous forme orale, cet antioxydant s’est démontré efficace au cours de plusieurs essais cliniques comme traitement adjuvant pour l'hypertension. Dans le cadre de trois essais à double insu avec placebo (217 sujets en tout), les chercheurs ont constaté que la coenzyme Q10 (un total de 120 mg à 200 mg par jour obtenu en prenant de 60 mg à 100 mg deux fois par jour) abaissait la tension artérielle et qu’elle permettait de diminuer significativement, voire d’éliminer, les doses de la médication hypotensive classique41-45.
Dosage
Le dosage a varié considérablement (de 50 mg à 400 mg par jour) d'un essai clinique à l'autre, si bien qu'il est difficile d'établir une posologie optimale.
Magnésium. Plusieurs études, dont une étude de cohorte portant sur 30 000 hommes américains46, ont clairement relié les régimes alimentaires riches en magnésium avec un risque réduit d'hypertension. Du côté de la supplémentation, plusieurs études cliniques portant sur de petits nombres de sujets souffrant d'hypertension légère à modérée indiquent que le magnésium peut faire baisser la tension artérielle46-48. Il semble que les suppléments de magnésium font diminuer le taux intracellulaire de sodium, qui serait remplacé par le magnésium49.
Dosage
De 600 mg à 1 000 mg par jour de magnésium élémentaire, en conjonction avec la médication classique.
Calcium. Dans de nombreuses études, on a démontré l'existence d'un lien, encore mal compris d'ailleurs, entre l'hypertension artérielle et un mauvais métabolisme du calcium50. D’après deux méta-analyses (1996 et 1999), la prise de suppléments de calcium entraînerait une très modeste réduction de la tension artérielle51,52. Qui plus est, durant une étude clinique plus récente (2000), le calcium n’a pas eu plus d’effet sur la tension artérielle qu’un placebo54. Par conséquent, les experts croient que le faible effet du calcium sur la tension artérielle ne justifie pas son usage en clinique. Il se pourrait tout de même qu’un apport supplémentaire en calcium bénéficie aux personnes dont l’alimentation est carencée en ce minéral55. D’autres études sont nécessaires afin de vérifier cette hypothèse. Les auteurs d’une méta-analyse suggèrent par ailleurs que le calcium pourrait aider à prévenir les troubles de la tension artérielle qui surviennent parfois en fin de grossesse (hypertension, oedème)56.
Vitamine C. L’effet de la vitamine C sur l’hypertension suscite l’intérêt des chercheurs, mais jusqu’à présent, les conclusions des études ne concordent pas102-105.
| Note sur les suppléments de potassium. Les essais cliniques indiquent qu'en cas d'hypertension, l'apport de potassium sous forme de suppléments amène une baisse légère (d’environ 3 mmHg) de la tension artérielle35,36. Étant donné les risques associés à la prise de suppléments de potassium, les médecins et les naturopathes recommandent plutôt de prendre le potassium dans les aliments. Les fruits et les légumes en sont de bonnes sources. Voir la fiche Potassium pour plus de renseignements. |
Ail (Allium sativum). Plusieurs recherches démontrent que la prise régulière d'un extrait d’ail (psn) permette de réduire modestement la tension artérielle de l’ordre de 2 % à 7 % après quatre semaines de traitement61-63. Une méta-analyse australienne de 1994 concluait que l’ail en poudre serait efficace pour aider au traitement de l’hypertension, mais seulement lorsque celle-ci est légère64. Par contre, une méta-analyse américaine plus récente (2001) trouvait que diverses préparations à base d’ail avaient mené à de petites réductions de tension artérielle qui n’étaient pas significatives d’un point de vue clinique65.
Dosage
Il n’y a pas encore de consensus sur le dosage et la forme sous laquelle l’ail doit être consommé pour en retirer le maximum de bénéfices en cas d’hypertension.
Voir plutôt Traitements non conventionnels et Prévention.
| L'hypertension est un facteur de risque de maladies cardiovasculaires (MCV). Ce n'est pas une maladie en soi (sauf au stade 3). Il faut donc la traiter à l'intérieur d'une stratégie globale de prévention des MCV, en considérant tous les facteurs de risque de MCV, incluant le tabagisme, le diabète, la sédentarité, l'obésité et l'alimentation. Le contrôle de l'hypertension sera d'autant plus rigoureux lorsque plusieurs autres facteurs de risque seront présents. La modification des habitudes de vie corrige plusieurs autres facteurs de risque et réduit la tension artérielle du même coup. C’est donc la première étape pour toute personne motivée souhaitant réduire son risque de troubles cardiovasculaires.
Dr Paul Lépine, M.D., D.O. |
Canada
Fondation des maladies du coeur
La Fondation des maladies du coeur donne un bon aperçu du régime DASH.
www.fmcoeur.ca
France
Fédération française de cardiologie
www.fedecardio.com
États-Unis
National Institutes of Health (NIH)
Facts About The DASH Diet. Sur ce site, on trouve tous les détails pour appliquer le régime alimentaire DASH (Dietary Approaches to Stop Hypertension) pour traiter l'hypertension.
www.nhlbi.nih.gov
| Recherche et rédaction : Andrée-Anne Guénette et Marie-Michèle Mantha, M.Sc. |
source:passeportsanté.net